Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Quant aux gens de la Sunna, qui suivent la voie médiane, ils affirment à la fois la perfection de la souveraineté, de la louange et de la sagesse divines. Ils Le décrivent comme doté d’une puissance absolue sur toute chose – qu’il s’agisse des entités créées, des actes des serviteurs ou d’autres réalités ; ils Lui reconnaissent une sagesse parfaite dans tout ce qu’Il crée et dans tout ce qu’Il ordonne ; ils Lui attribuent l’entière louange pour l’ensemble de Ses créations et de Ses commandements. Ils Le tiennent également pour transcendant au-dessus d’une législation que des créatures élaboreraient selon leurs propres opinions, tout comme ils Le déclarent exempt de tout ce dont Il S’est Lui-même déclaré exempt, de tout ce qui ne Lui sied pas. Ainsi, ils ont retenu les beautés des diverses écoles et se sont écartés de leurs pires travers ; ils ont remporté la palme suprême, tandis que d’autres, faisant le tour des seuils doctrinaux, n’ont glané que les gains les plus vils. Or la bonne direction est la direction d’Allah (1) ; Il la réserve à qui Il veut parmi Ses serviteurs.

Section

Lorsque tu as saisi cette introduction, passons à l’examen des propos des négateurs, sous plusieurs angles :

  1. Vous dites : « Si l’on imaginait qu’un homme se retrouve, d’un seul coup, créé avec un corps complet et une raison achevée, sans avoir reçu la moindre éducation parentale ni l’enseignement d’un maître, puis qu’on lui présente deux propositions — la première : “un est plus petit que deux”, la seconde : “le mensonge est blâmable” — il ne douterait pas de la première, alors qu’il suspendrait son jugement sur la seconde » (2). — Il s’agit là d’une hypothèse impossible (3), sur laquelle vous bâtissez une conclusion dont la véracité n’est nullement établie ; car concevoir l’homme dans un tel état est déjà en soi une impossibilité.

  2. Supposons même que l’hypothèse soit admissible : pour quelle raison affirmez-vous qu’il ne différerait pas son jugement concernant le fait que l’un est la moitié de deux, alors qu’il hésiterait à déclarer le mensonge blâmable après en avoir saisi l’essence ? Nous n’admettons nullement qu’une fois la nature du mensonge comprise il demeure indécis quant à sa laideur morale. N’est-ce pas là une simple affirmation gratuite ?!

(1) Éd. T : « C’est pourquoi Allah a guidé ». (2) Voir supra, p. 972. (3) Éd. Q : « C’est là une supposition impossible ».
وأهلُ السُّنَّة الوسطُ أثبتوا كمالَ الملك والحمد والحكمة؛ فوصفوه بالقدرة التَّامَّة على كلِّ شيءٍ من الأعيان وأفعال العباد وغيرهم، وأثبتوا له الحكمةَ التَّامَّة في جميع خلقه وأمره، وأثبتوا له الحمدَ كلَّه في جميع ما خلقه وأمر به، ونزَّهوه عن دخوله تحت شريعةٍ يضعُها العبادُ بآرائهم، كما نزَّهوه عمَّا نزَّه نفسَه عنه مما لا يليقُ به؛ فاستولوا على محاسن المذاهب، وتجنَّبوا أردأها، ففازوا بالقِدْح المُعَلَّى، وغيرُهم طافَ على أبواب المذاهب ففاز بأخسِّ المطالب، والهدى هدى الله (١) يختصُّ به من يشاء من عباده. فصل إذا عرفتَ هذه المقدِّمة، فالكلام على كلمات النُّفاة من وجوه: أحدها: قولكم: «لو قدَّر الإنسانُ نفسَه وقد خُلِقَ تامَّ الخِلقة، تامَّ العقل، دفعةً [واحدةً]، مِنْ غير تأدُّبٍ بتأديب الأبوين ولا تعلُّمٍ من معلِّم، ثمَّ عُرِض عليه أمران: أحدهما: أنَّ الواحدَ أكثرُ من الاثنين، والآخر: أنَّ الكذبَ قبيح، لم يتوقَّف في الأوَّل، ويتوقَّفُ في الثَّاني» (٢) = تقديرٌ مستحيل (٣)، ركَّبتم عليه غيرَ معلوم الصحَّة؛ فإنَّ تقديرَ الإنسان كذلك محال. الوجه الثَّاني: سلَّمنا إمكانَ التَّقدير، لكن لِمَ قلتم بأنه لا يتوقَّفُ في كون الواحد نصفَ الاثنين، ويتوقَّفُ في كون الكذب قبيحًا بعد تصوُّر حقيقته؟ فلا نسلِّم أنه إذا تصوَّر ماهيَّةَ الكذب توقَّف في الجزم بقُبْحِه، وهل هذا إلا دعوى مجرَّدة؟!
(١) (ت): «ولهذا هدى الله». (٢) انظر ما مضى: (ص: ٩٧٢). (٣) (ق): «فهذا تقدير مستحيل».

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