Le désobéissent jamais, tandis qu’Il comblerait de bienfaits Ses ennemis, ceux qui ont mécru en Lui et Lui ont associé d’autres divinités, sans qu’Il fasse, affirment-ils, la moindre distinction entre les uns et les autres (1) !
Que l’homme doué de raison s’étonne donc d’une telle opposition et de cet éloignement : chaque camp prétend que sa thèse est la pure expression de la raison (2) et que tout ce qui la contredit est, de toute évidence, contraire à la raison.
De même, les qadarites soutiennent qu’Il a remis à Ses serviteurs les rênes du libre arbitre, leur déléguant la volonté et le choix ; qu’Il n’a favorisé personne par un secours, une sollicitude ou une direction particulière, les ayant rendus égaux face à ce qui relève de Son pouvoir ; que, s’Il pouvait guider l’un d’eux sans le faire, ce serait faire preuve d’avarice ; et qu’Il ne guide ni n’égare autrement que par l’exposé et l’orientation, la création même de la guidance et de l’égarement appartenant, selon eux, aux hommes et non à Lui.
Les jabrites, au contraire, affirment qu’Il, exalté soit-Il, a contraint Ses serviteurs dans leurs actes ; ils vont même jusqu’à dire que leurs actes sont, en réalité, les Siens, que les serviteurs n’ont ni action propre, ni puissance, ni choix, ni volonté, et qu’Il ne fait que les punir pour ce qu’Il a Lui-même accompli, non pour ce qu’eux auraient accompli. À leurs yeux, le rapport de leurs actes à Lui équivaut au mouvement des arbres (3), des eaux ou des choses inanimées.
Ainsi, les qadarites Lui ont ôté Sa puissance et Sa volonté concernant les actes des créatures ; les jabrites ont fait des actes des serviteurs Ses propres actes, niant que les hommes en soient réellement les auteurs ou qu’ils en aient la capacité. Les qadarites Lui ont donc dénié la plénitude de Sa souveraineté, les jabrites la plénitude de Sa sagesse, et les deux factions L’ont privé de la plénitude de Sa louange.