Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Ainsi, ils ont mis sur le même pied les actes qu’Allah distingue les uns des autres ; ils ont confondu la volonté qui préside à leur création et à leur surgissement avec l’amour qui s’attache à l’agrément et au choix de ces actes. C’est sur ce point que leurs adversaires les ont réfutés, tout comme eux-mêmes ont attaqué les autres en excluant ces actes de la volonté universelle d’Allah et en niant que Sa puissance et Sa création s’y appliquent.

De la sorte, chaque camp s’est prévalu contre l’autre de l’erreur qu’il véhiculait, tandis qu’Allah a guidé les gens de la Sunna, situés au juste milieu des doctrines et des écoles, vers la part de vérité au sujet de laquelle les deux groupes divergeaient, par Sa permission. Allah guide qui Il veut vers un sentier droit.

Les qadarites ont, en quelque sorte, restreint Allah et L’ont astreint à une loi dont ils Lui interdisent de s’écarter, alors que leurs contradicteurs, les jabrites, Lui attribuent toute action possible, y compris celles dont Il Se tient, dans Sa transcendance, au-dessus, car il ne convient ni à Sa suffisance ni à Sa louange (1) ni à Sa perfection d’accomplir ce dont Il S’est Lui-même exonéré et pour quoi Il S’est loué de ne pas le faire. Les deux partis se font ainsi face dans l’opposition la plus radicale.

Les qadarites reconnaissent à Allah une sagesse et une finalité recherchée dans Ses actes, mais à l’aune de ce qu’ils reconnaissent à Ses créatures ; les jabrites, pour leur part, nient la sagesse qui sied à Sa Majesté et à laquelle nul ne peut être comparé.

Les qadarites affirment qu’Il ne veut ni l’obéissance ni la foi de Ses serviteurs, et qu’Il ne les leur destine pas (2) ; les jabrites prétendent, à l’inverse, qu’Il aime la mécréance, la perversité et la désobéissance, et qu’Il s’en trouve satisfait chez celui qui les commet.

Les qadarites soutiennent qu’Il est tenu, exalté soit-Il, de faire à chaque personne ce qui lui est le plus profitable ; les jabrites estiment quant à eux qu’Il peut châtier Ses alliés, les gens de l’obéissance, et ceux qui ne

(1) Le manuscrit T lit : « wa-ḥikmatahu » (« et Sa sagesse »). (2) Les copies de base portent « la yus’alu » (« il n’est pas interrogé »), mais il s’agit d’une leçon fautive.
فسوَّوا بين الأفعال التي فاوَتَ الله بينها، وسوَّوا بين [المشيئة] المتعلِّقة بتكوينها وإيجادها والمحبة المتعلِّقة بالرِّضا بها واختيارها، وهذا مما استطال به عليهم خصومُهم، كما استطالوا هم عليهم حيث أخرجوها عن مشيئة الله وإرادته العامَّة، ونفَوا تعلُّق قدرته وخَلْقِه بها. فاستطال كلٌّ من الفريقين على الآخر بسبب ما معهم من الباطل، وهدى الله أهلَ السُّنَّة الذين هم وَسَطٌ في المقالات والنِّحَل لما اختلف الفريقان فيه من الحقِّ بإذنه، والله يهدي من يشاء إلى صراطٍ مستقيم. فالقَدَرِيَّةُ حَجَرُوا على الله وألزموه شريعةً حرَّموا عليه الخروجَ عنها، وخصومُهم من الجبريَّة جوَّزوا عليه كلَّ فعلٍ ممكنٍ يتنزَّه عنه سبحانه، إذ لا يَلِيقُ بغِناهُ وحمدِه (١) وكماله ما نزَّه نفسَه عنه وحَمِدَ نفسَه بأنه لا يفعلُه. فالطَّائفتان متقابلتان غايةَ التقابل. والقَدَريَّةُ أثبتوا له حكمةً وغايةً مطلوبةً من أفعاله على حسب ما أثبتوه لخلقه، والجبريَّةُ نفَوا حكمتَه اللائقةَ به التي لا يشابهه فيها أحد. والقَدَرِيَّةُ قالت: إنه لا يريدُ من عباده طاعتَهم وإيمانهم، وإنه لا يشاء (٢) ذلك منهم، والجبريَّةُ قالت: إنه يحبُّ الكفرَ والفسوق والعصيان ويرضاه مِنْ فاعله. والقَدَرِيَّةُ قالت: إنه يجبُ عليه سبحانه أن يفعل بكلِّ شخصٍ ما هو الأصلحُ له، والجبريَّةُ قالت: إنه يجوزُ أن يعذِّب أولياءه وأهلَ طاعته ومن لم
(١) (ت): «وحكمته». (٢) في الأصول: «لا يسال». وهو تحريف.

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