ferait aucun acte en vue d’une fin déterminée (1), ni ne prescrirait quoi que ce soit pour un objectif, et qu’Il ne
reconnaîtrait pas les causes ni les forces qu’Allah a déposées dans les êtres et dans les actes. Ils sont même allés jusqu’à considérer que toute particule lâm employée dans le Coran pour motiver Ses œuvres ou Ses ordres n’est qu’une lâm de conséquence, et que toute particule bā’ destinée à relier l’effet à sa cause n’est qu’une bā’ de simple concomitance.
De la sorte, ils ont nié les sagesses et les finalités visées par Ses commandements et Ses actions, les ramenant à Sa seule science et à Sa seule puissance : pour eux, la sagesse ne serait rien d’autre que la conformité de l’objet connu à la science et la réalisation du possible conformément à la puissance. Or il est évident que le fait qu’un possible advienne par la puissance ou qu’un objet corresponde à la science n’est pas en soi la sagesse (2) ni la finalité voulue par l’acte. Que la puissance atteigne son objet et que la science embrasse son contenu est plus général que de savoir si l’objet en question renferme — ou non — une sagesse et un intérêt ; l’universel n’implique pas nécessairement le particulier, ni ne l’exige. N’est-ce pas là, en réalité, nier la sagesse tout en affirmant autre chose ?
Ils se sont également trompés en mettant sur le même plan l’amour et la volonté, prétendant que tout ce qu’Allah veut, qu’il s’agisse d’êtres ou d’actes, Il l’aime et l’agrée, et que tout ce qu’Il ne veut pas, Il le déteste et le réprouve ; Son amour serait Sa volonté universelle, et Sa répulsion, l’absence de volonté.
Il en découle, selon eux, qu’Iblîs serait aimé d’Allah, tout comme Pharaon, Hâmân et tous les démons et mécréants ; pire encore, que la mécréance, la perversité, l’injustice et l’agression qui se produisent dans le monde Lui seraient agréables, tandis que la foi, la bonne direction, la fidélité aux engagements (3) et la piété — lorsqu’elles ne se manifestent pas chez les gens — Lui seraient détestables, réprouvées et haïes !