Or, s’ils avaient adopté cette voie médiane, emprunté ce chemin et déclaré que l’utilité provient tantôt de l’action ordonnée elle-même, tantôt du seul commandement, tantôt des deux à la fois, et tantôt d’une résolution intérieure dépourvue de passage à l’acte, ils auraient rendu justice à leurs contradicteurs.
Premier cas : la véracité, la chasteté, la bienfaisance et la justice, dont l’intérêt découle intrinsèquement.
Deuxième cas : se dépouiller à l’entrée en ihrâm, se purifier avec de la terre (tayammum), parcourir la distance entre Safa et Marwa, lapider les stèles (jamarât) et assimilés ; dépourvus d’ordre divin, ces actes ne renfermeraient aucun avantage, mais, une fois prescrits, leur utilité naît du simple commandement.
Troisième cas : le jeûne, la prière, le pèlerinage, l’application des peines légales (hudûd) et la plupart des jugements de la Loi ; leur intérêt ressort à la fois de l’acte et du commandement : l’acte comporte une utilité et le fait qu’il soit ordonné en comporte une autre, si bien qu’ils contiennent un double bénéfice.
Quatrième cas : l’ordre donné par Allah, exalté soit-Il, à Son ami intime Abraham de sacrifier son fils ; ici, l’utilité provint uniquement de sa résolution d’exécuter l’ordre, non de l’acte lui-même. Il en va de même de l’ordre adressé à Son Prophète — paix et salut sur lui —, la nuit de l’Ascension, d’accomplir cinquante prières (1).
En réduisant donc l’intérêt au seul acte, vous avez offert à vos adversaires l’occasion de vous accabler de contradictions et d’objections.
Ils disent encore : « Les négateurs ont eu raison d’affirmer que l’argument n’est établi contre les serviteurs que par la mission prophétique, et qu’Allah ne les châtie pas avant l’envoi des messagers ; toutefois, ils ont ruiné ce principe et ne l’ont pas appliqué jusqu’au bout. »