Ils dirent : Nous nous appliquons à observer l’équité entre les deux partis, conformément à la parole du Prophète ﷺ : « Les équitables seront, auprès d’Allah, le Jour de la Résurrection, sur des tribunes de lumière, à la droite du Tout-Miséricordieux ; ce sont ceux qui se montrent justes dans leurs jugements, envers leurs proches et dans tout ce qui leur est confié. » (1)
Il suffit, à cet égard, de rappeler la parole du Très-Haut : « Ô vous qui avez cru ! Soyez fermes pour Allah, en témoins équitables. Que la haine d’un peuple ne vous pousse pas à manquer de justice. Soyez justes : cela est plus proche de la piété. Et craignez Allah, car Allah est Parfaitement informé de ce que vous faites. » (al-Mâʾida : 8)
Ils ajoutèrent : Les partisans de l’affirmation parmi les Muʿtazilites ont visé juste en déclarant que le bien et le mal constituent des attributs positifs des actes, connus tant par la raison que par la Révélation ; que la Loi ne fait que confirmer ce qui est enraciné dans les natures et les intelligences, à savoir : proclamer le bien comme tel et y appeler, tenir le mal pour blâmable et l’interdire ; et qu’elle n’a rien apporté qui contredise la raison ou la nature originelle, même si elle renferme des vérités que l’intellect est incapable d’appréhender (2) et de saisir par lui-même. Les législations révélées sont venues avec ce qui déroute les esprits, non avec ce qui leur est impossible (3). Il y a en effet différence entre ce dont la raison ne perçoit pas la beauté et ce dont elle atteste la laideur ; le premier appartient à ce que les messagers apportent, non le second. Ils se sont toutefois trompés en fondant la sanction sur ce seul mal reconnu par la raison, comme on l’a déjà signalé.
Ils ont également eu raison d’affirmer la sagesse d’Allah, exalté soit-Il, et de soutenir que, dans Sa transcendance, Il n’accomplit aucun acte dépourvu