Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Ils dirent : Nous nous appliquons à observer l’équité entre les deux partis, conformément à la parole du Prophète ﷺ : « Les équitables seront, auprès d’Allah, le Jour de la Résurrection, sur des tribunes de lumière, à la droite du Tout-Miséricordieux ; ce sont ceux qui se montrent justes dans leurs jugements, envers leurs proches et dans tout ce qui leur est confié. » (1)

Il suffit, à cet égard, de rappeler la parole du Très-Haut : « Ô vous qui avez cru ! Soyez fermes pour Allah, en témoins équitables. Que la haine d’un peuple ne vous pousse pas à manquer de justice. Soyez justes : cela est plus proche de la piété. Et craignez Allah, car Allah est Parfaitement informé de ce que vous faites. » (al-Mâʾida : 8)

Ils ajoutèrent : Les partisans de l’affirmation parmi les Muʿtazilites ont visé juste en déclarant que le bien et le mal constituent des attributs positifs des actes, connus tant par la raison que par la Révélation ; que la Loi ne fait que confirmer ce qui est enraciné dans les natures et les intelligences, à savoir : proclamer le bien comme tel et y appeler, tenir le mal pour blâmable et l’interdire ; et qu’elle n’a rien apporté qui contredise la raison ou la nature originelle, même si elle renferme des vérités que l’intellect est incapable d’appréhender (2) et de saisir par lui-même. Les législations révélées sont venues avec ce qui déroute les esprits, non avec ce qui leur est impossible (3). Il y a en effet différence entre ce dont la raison ne perçoit pas la beauté et ce dont elle atteste la laideur ; le premier appartient à ce que les messagers apportent, non le second. Ils se sont toutefois trompés en fondant la sanction sur ce seul mal reconnu par la raison, comme on l’a déjà signalé.

Ils ont également eu raison d’affirmer la sagesse d’Allah, exalté soit-Il, et de soutenir que, dans Sa transcendance, Il n’accomplit aucun acte dépourvu

(1) Muslim, ḥadith n° 1827, d’après ʿAbd Allâh b. ʿAmr. (2) Les manuscrits (Q) et (T) portent : « ʿan aḥwâlih », leçon fautive. (3) Cette formule magistrale appartient aux meilleurs propos d’Ibn Taymiyya ; voir Darʾ al-taʿâruḍ, t. 1, p. 147 ; t. 2, p. 314 ; t. 5, p. 297 ; t. 7, p. 327, et passim. Le terme « maḥârât » y a été déformé en « majâzât » dans l’éd. (T) et quelques autres sources (ibid., t. 2, p. 314).
قالوا: وها نحنُ نتحرَّى القِسْط بين الفريقين، عملًا بقوله ﷺ: «المُقْسِطون عند الله يوم القيامة على منابرَ مِنْ نور، عن يمين الرَّحمن، الذين يَعْدِلون في حُكمهم وأهليهم وما وَلُوا» (١). ويكفي في هذا قولُه تعالى: ﴿يَاأَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا كُونُوا قَوَّامِينَ لِلَّهِ شُهَدَاءَ بِالْقِسْطِ وَلَا يَجْرِمَنَّكُمْ شَنَآنُ قَوْمٍ عَلَى أَلَّا تَعْدِلُوا اعْدِلُوا هُوَ أَقْرَبُ لِلتَّقْوَى وَاتَّقُوا اللَّهَ إِنَّ اللَّهَ خَبِيرٌ بِمَا تَعْمَلُونَ﴾ [المائدة: ٨]. قالوا: قد أصاب أهلُ الإثبات من المعتزلة في قولهم: إنَّ الحُسْن والقُبحَ صفاتٌ ثبوتيةٌ للأفعال، معلومةٌ بالعقل والشَّرع، وأنَّ الشَّرع جاء بتقرير ما هو مستقرٌّ في الفِطر والعقول، مِنْ تحسين الحسَن والأمر به، وتقبيح القبيح والنهي عنه، وأنه لم يجِاء بما يخالفُ العقلَ والفطرة، وإن جاء بما تَعْجَزُ العقولُ عن إدراكه (٢) والاستقلال به؛ فالشرائعُ جاءت بمَحَارات العقول لا مُحَالاتها (٣)، وفرقٌ بين ما لا تُدْرِكُ العقولُ حُسْنَه وبينَ ما تَشْهَدُ بقُبْحِه، فالأوَّلُ مما يأتي به الرُّسلُ دون الثَّاني. وأخطؤوا في ترتيب العقاب على هذا القبيح عقلًا، كما تقدَّم. وأصابوا في إثبات الحكمة لله تعالى، وأنه سبحانه لا يفعلُ فعلًا خاليًا
(١) أخرجه مسلم (١٨٢٧) من حديث عبد الله بن عمرو. (٢) (ق، ت): «عن أحواله». وهو تحريف. (٣) هذه العبارة البليغة من بديع كَلِم شيخ الإسلام ابن تيمية. انظر: «درء التعارض» (١/ ١٤٧، ٢/ ٣١٤، ٥/ ٢٩٧، ٧/ ٣٢٧)، وغيره. وتحرفت «محارات» في (ط) وبعض المصادر إلى: «مجازات». انظر: «درء التعارض» (٢/ ٣١٤).

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