Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

les preuves et les démonstrations, et Il ordonna à Son Messager de débattre avec les contradicteurs de la meilleure manière. Or, qu’est-ce qu’un débat, sinon présenter des arguments et invalider les preuves de l’adversaire ?!

De même, Il prescrivit aux musulmans de discuter avec les Gens du Livre de la façon la plus convenable. Le Prophète ﷺ engagea avec toutes les factions de l’impiété le débat le plus achevé et fit valoir contre elles des preuves si confondantes (1) que certains, incapables de réfuter ses propos ni de briser son argumentation, se résolurent à lui faire la guerre ; d’autres préférèrent conclure la paix et le laisser en repos ; d’autres enfin consentirent à verser la jizya de leur propre main, dans l’humilité. Tout cela advint après qu’il leur eut présenté les preuves, les eut réduits au silence (2) et eut subjugué leurs âmes. Nul ne répondit à son appel sans que l’évidence ne lui fût devenue lumineuse et qu’il n’eût trouvé aucun moyen de la repousser ; quant à ceux qui persistèrent dans l’opposition, ce ne fut que par obstination et goût de la controverse, bien qu’ils reconnussent la solidité de ses arguments et leur irréfutabilité. Ainsi, la religion ne s’est élevée que sur le pilier de la preuve (3).

Quant à cette parole divine : « Il n’y a plus d’argument entre nous et vous », elle signifie qu’il n’existe plus de litige ; car le Seigneur est Unique, il n’est donc pas permis de Se quereller à Son sujet, et Sa religion est unique. La preuve est établie, la démonstration avérée : il ne subsiste plus aucun intérêt à poursuivre la controverse. En effet, l’utilité de l’argumentation consiste à faire apparaître la vérité pour qu’elle soit suivie ; mais lorsque celle-ci se manifeste et que l’adversaire s’y refuse par dénégation et entêtement, la discussion devient vaine. Il n’y a donc plus d’argument entre nous et vous, ô négateurs : la vérité est désormais claire et patente ; il ne reste qu’à l’admettre ou à s’y opposer par orgueil. Allah nous rassemblera le Jour de la Résurrection et Il tranchera en faveur du véridique contre l’errant ; vers Lui est le retour.

(1) Ainsi dans les manuscrits de base ; dans l’exemplaire ṭ on lit : « mâ afhamahum bih » (ce qui les a réduits au silence). (2) kazm : la gorge, c’est-à-dire l’orifice par lequel s’échappe le souffle (Lisân, racine k-z-m). (3) L’exemplaire t porte : « illâ bi-bayân al-ḥujja » (« sauf en exposant la preuve »).
الحُجَج والبراهين، وأمرٌ لرسوله بمجادلة المخالفين بالتي هي أحسن، وهل تكونُ المجادلةُ إلا بالاحتجاج وإفساد حُجَج الخصم؟! وكذلك أمَر المسلمينَ بمجادلة أهل الكتابِ بالتي هي أحسن، وقد ناظر النَّبيُّ ﷺ جميعَ طوائف الكفر أتمَّ مُناظرة، وأقام عليهم ما أفحَم به (١) من الحُجَج، حتى عَدَل بعضهم إلى محاربته بعد أن عجَز عن ردِّ قوله وكَسْر حجَّته، واختار بعضُهم مسالمَته ومتاركَته، وبعضُهم بذَل الجزيةَ عن يدٍ وهو صاغر، كلُّ ذلك بعد إقامة الحُجَج عليهم، وأخْذِها بكَظَمِهم (٢)، وأسْرِها لنفوسهم، وما استجاب له من استجاب إلا بعد أن وضحَت له الحجَّة، ولم يجد إلى ردِّها سبيلًا، وما خالفه أعداؤه إلا عنادًا منهم وميلًا إلى المكابرة، بعد اعترافهم بصحَّة حُجَجه، وأنها لا تُدْفَع؛ فما قام الدِّينُ إلا على ساق الحجَّة (٣). فقوله: ﴿لَا حُجَّةَ بَيْنَنَا وَبَيْنَكُمُ﴾ أي: لا خصومة؛ فإنَّ الرَّبَّ واحد، فلا وجه للخصومة فيه، ودينُه واحد، وقد قامت الحجَّةُ وتحقَّق البرهان، فلم يَبْق للاحتجاج والمخاصَمة فائدة، فإنَّ فائدة الاحتجاج ظهورُ الحقِّ ليتَّبع، فإذا ظهر وعانده المخالفُ وترَكه جحودًا وعنادًا لم يَبْق للاحتجاج فائدة، فلا حجَّة بيننا وبينكم أيها الكفَّار، فقد وضحَ الحقُّ واستبان، ولم يَبْق إلا الإقرارُ به أو العناد، والله يجمعُ بيننا يوم القيامة فيقضي للمُحِقِّ على المُبْطِل، وإليه المصير.
(١) كذا في الأصول. وفي (ط): «ما أفحمهم به». (٢) الكَظَم: الحَلق، أو مخرج النَّفَس منه. «اللسان» (كظم). (٣) (ت): «إلا ببيان الحجة».

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