laisse donc les combats à ceux qui sont nés pour la guerre ; ils n’ont d’autre rempart que leur propre chair.
Ne leur reproche pas la lâcheté qui sommeille en toi ; le plus funeste des couplets est bien la bassesse jointe à la couardise. (1)
Les modérés parmi les gens de l’affirmation déclarent : « Aucun de vous deux camps ne se présente sans mêler vérité et fausseté. Nous prêtons main-forte à chaque parti pour la part de vérité qu’il détient et nous la soutenons ; quant à la part de fausseté, nous la réfutons et la lui renvoyons. Nous façonnons ainsi, à partir du droit commun aux deux factions, une troisième voie qui, tel un lait pur jaillissant d’entre les excréments et le sang, s’offre limpide et douce aux buveurs, sans pour autant (2) nous réclamer d’une doctrine ou d’un groupe déterminé d’une manière qui nous contraindrait à accepter l’ensemble de ses dires (3), à le défendre, qu’ils soient pertinents ou futiles, et à rejeter sans examen tous les propos de ses adversaires, leur déniant (4) la part de vérité qu’ils pourraient receler. Si ces mêmes propos étaient attribués au chef de leur propre faction, ils rivaliseraient pourtant de zèle pour les appuyer et les justifier. Voilà une infirmité dont nul n’est préservé, si ce n’est celui qu’Allah a comblé de Sa grâce et disposé à suivre la vérité, où qu’elle se trouve et auprès de qui qu’elle se manifeste. Quant à celui qui pense que la vérité est un apanage perpétuellement réservé à sa faction et à son école, et interdite à quiconque lui est extérieur, quand bien même cet autre serait peut-être plus proche de la justesse que lui, celui-là s’est vu priver d’un bien immense et manque une guidance considérable.
Ils poursuivent : « Nous voici (5) désormais installés en arbitres entre ces deux thèses ; que celui qui produit la preuve à un endroit obtienne gain de cause sur ce point, quand bien même il serait débouté là où son contradicteur avance l’argument décisif. »