absolu est recherché par la raison pour lui-même, tandis que le mal absolu est, lui, rejeté par la raison pour ce qu’il est (1). Quant à ce qui est mêlé, il est, sous un aspect, désirable et, sous un autre, blâmable, l’appréciation suivant ce qui y domine.
Tout esprit sensé ne doute pas que la connaissance, en tant que telle et dans toutes ses formes, constitue un bien louable et recherché, alors que l’ignorance, dans son genre et ses espèces, est un mal aux yeux de la raison (2). Elle est réprouvée par la majorité, et les dispositions originelles saines poussent à obtenir ce qui est jugé beau et à repousser ce qui est jugé laid, qu’une loi révélée l’enjoigne ou non.
De même, les vertus louables et les qualités honorables — chasteté, libéralité, largesse (3), courage — sont de véritables biens, tandis que leurs contraires sont de véritables laideurs (4). La perfection humaine veut donc que l’âme parachève à la fois les facultés d’une connaissance authentique et celles d’une action vertueuse.
Les lois révélées ne viennent que confirmer ce que la raison a déjà établi, non le modifier ; or les intelligences particulières (5), parce qu’elles sont incapables d’acquérir l’ensemble des vérités intelligibles, demeurent impuissantes (6)