Il suffit, pour réfuter cette affirmation et la démentir, de se référer à la Révélation, à la raison explicite, à la disposition originelle établie par Allah, à l’analyse droite et à l’unanimité de la communauté.
Dix‐septième objection : à tout état que vous tenez pour « le plus avantageux » correspond un état qui l’est encore davantage. Se borner à un seul degré (1) revient à se contenter du simple bien. Votre parole : « Il est obligatoire de tenir compte de ce qu’il y a de plus avantageux » n’a donc aucun sens, car cette hiérarchie est sans terme et il est, en raison (2), impossible de l’observer.
Dix‐huitième objection : le fait de rendre une chose obligatoire ou interdite implique que l’auteur de cette obligation ou interdiction interroge celui à qui elle s’adresse : « As-tu accompli ce qui t’a été prescrit ou non ? » Or il est inconcevable de poser pareille question à Celui qui « n’est pas interrogé sur ce qu’Il fait » ; un tel procédé ne se conçoit qu’à l’égard des créatures, lesquelles, elles, seront interrogées.
En somme, par cette question, vous ouvrez la voie à l’indépendance à l’égard des missions prophétiques (3) ; vous mettez ainsi en selle les philosophes, les Sabéens, les Brahmanes et tous les négateurs de la prophétie. Cette question forme une brèche entre eux et nous (4). Car si vous prétendez qu’il existe, dans la raison, un juge qui détermine le beau et le répréhensible, prescrit et interdit, puis administre récompense et châtiment, l’envoi d’un prophète ne devient plus nécessaire, puisqu’on pourrait s’en passer grâce à ce juge rationnel.
C’est pourquoi les philosophes –- et ils vous devancent encore par l’argumentation et la rigueur –- ont déclaré : « L’existence comprend un bien absolu, un mal absolu, ainsi qu’un mélange de bien et de mal (5), et le bien… »