Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Il suffit, pour réfuter cette affirmation et la démentir, de se référer à la Révélation, à la raison explicite, à la disposition originelle établie par Allah, à l’analyse droite et à l’unanimité de la communauté.

Dix‐septième objection : à tout état que vous tenez pour « le plus avantageux » correspond un état qui l’est encore davantage. Se borner à un seul degré (1) revient à se contenter du simple bien. Votre parole : « Il est obligatoire de tenir compte de ce qu’il y a de plus avantageux » n’a donc aucun sens, car cette hiérarchie est sans terme et il est, en raison (2), impossible de l’observer.

Dix‐huitième objection : le fait de rendre une chose obligatoire ou interdite implique que l’auteur de cette obligation ou interdiction interroge celui à qui elle s’adresse : « As-tu accompli ce qui t’a été prescrit ou non ? » Or il est inconcevable de poser pareille question à Celui qui « n’est pas interrogé sur ce qu’Il fait » ; un tel procédé ne se conçoit qu’à l’égard des créatures, lesquelles, elles, seront interrogées.

En somme, par cette question, vous ouvrez la voie à l’indépendance à l’égard des missions prophétiques (3) ; vous mettez ainsi en selle les philosophes, les Sabéens, les Brahmanes et tous les négateurs de la prophétie. Cette question forme une brèche entre eux et nous (4). Car si vous prétendez qu’il existe, dans la raison, un juge qui détermine le beau et le répréhensible, prescrit et interdit, puis administre récompense et châtiment, l’envoi d’un prophète ne devient plus nécessaire, puisqu’on pourrait s’en passer grâce à ce juge rationnel.

C’est pourquoi les philosophes –- et ils vous devancent encore par l’argumentation et la rigueur –- ont déclaré : « L’existence comprend un bien absolu, un mal absolu, ainsi qu’un mélange de bien et de mal (5), et le bien… »

(1) Le manuscrit T ainsi que Nihayat al-Aqdam, p. 410, lisent : « d’un même rang ». (2) Les manuscrits de base portent « l’acte » ; la leçon retenue suit Nihayat al-Aqdam. (3) Les manuscrits de base donnent « loin du juste », lecture fautive ; la correction est établie d’après le passage ultérieur (p. 1149). (4) Les manuscrits de base ont « Voilà la question entre nous et eux » ; la leçon adoptée est confirmée plus loin (p. 1149). (5) Le manuscrit T lit « mamzujayn » (mêlés).
وكفى بالوحي وصريح المعقول وفطرة الله والاعتبار الصَّحيح وإجماع الأمَّة ردًّا لهذا القول وتكذيبًا له. الإلزام السَّابع عشر: أنَّ ما مِنْ أصلحَ إلا وفوقه ما هو أصلحُ منه، والاقتصار على رتبةٍ واحدةٍ (١) كالاقتصار على الصَّلاح، فلا معنى لقولكم: يجبُ مراعاة الأصلح، إذ لا نهاية له، فلا يمكنُ في العقل (٢) رعايتُه. الإلزام الثَّامن عشر: أنَّ الإيجابَ والتَّحريمَ يقتضي سؤال الموجِب المحرِّم لمن أوجَب عليه وحرَّم: هل فَعَل مقتضى ذلك أم لا؟ وهذا محالٌ في حقِّ من لا يُسْألُ عمَّا يفعل، وإنَّما يُعْقَلُ في حقِّ المخلوقين وأنهم يُسْألون. وبالجملة؛ فتحتُم بهذه المسألة طريقًا للاستغناء عن النُّبوَّات (٣)، وسلَّطتم بها الفلاسفةَ والصَّابئةَ والبَراهِمة وكُلَّ منكِرٍ للنُّبوَّات، فهذه المسألةُ بابٌ بيننا وبينهم (٤)؛ فإنكم إذا زعمتم أنَّ في العقل حاكمًا يحسِّن ويقبِّح، ويوجبُ ويحرِّم، ويتقاضى الثَّوابَ والعقاب، لم تكن الحاجةُ إلى البعثة ضروريَّة، لإمكان الاستغناء عنها بهذا الحاكم. ولهذا قالت الفلاسفةُ ــ وزادت عليكم حجَّةً وتقريرًا ــ: قد اشتمل الوجودُ على خيرٍ مطلق، وشرٍّ مطلق، وخيرٍ وشرٍّ ممتزجَيْن (٥)، والخيرُ
(١) (ت) و «نهاية الأقدام» (٤١٠): «مرتبة واحدة». (٢) في الأصول: «الفعل». والمثبت من «نهاية الأقدام». (٣) في الأصول: «عن الصواب». وهو تحريف. والمثبت مما سيأتي (ص: ١١٤٩). (٤) في الأصول: «فهذه المسألة بيننا وبينهم». والمثبت مما سيأتي (ص: ١١٤٩). (٥) (ت): «ممزوجين».

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