Votre excuse, selon laquelle la souffrance de l’enfant lui vaudrait dans l’au-delà une récompense accrue, ne vous est d’aucun secours ; elle se trouve en effet réduite à néant par le cas de l’enfant dont Allah sait qu’il atteindra l’âge de raison et choisira la mécréance et le reniement. Quel avantage y aurait-il alors pour lui à être tourmenté ?
De manière générale, tout argument que vous avancez en vous fondant sur vos principes viciés se retourne immanquablement contre vous, et vous demeurez sans réponse face aux contre-exemples décisifs.
Quatorzième objection : lorsqu’Allah, exalté soit-Il, sait qu’un enfant, une fois parvenu à l’âge de raison, optera pour la foi et les œuvres pieuses (1), l’option la plus avantageuse pour lui serait qu’Il lui accorde la vie jusqu’à ce qu’il grandisse et croie, afin qu’il obtienne alors un rang élevé, et non qu’Il le fasse mourir prématurément. Voilà encore une objection à laquelle vous ne pouvez répondre.
Quinzième objection — l’une des plus fortes et des plus probantes, que les qadarites eux-mêmes ont dû admettre : il n’existe, selon eux, aucun moyen de bienfaisance qu’Allah aurait en Son pouvoir et qui, s’Il l’appliquait aux mécréants, les conduirait à la foi. Les mutazilites qadarites ont accepté cette conséquence, l’érigeant sur leur principe corrompu selon lequel Allah serait tenu de faire pour chaque serviteur ce qui est le plus avantageux pour lui ; si donc un acte déterminé, à Sa portée, devait amener un homme à croire, Il serait obligé, d’après eux, de l’accomplir.
Or le Coran, d’un bout à l’autre, réfute et dément pareille affirmation : « Si Nous l’avions voulu, Nous aurions guidé tous les hommes » ; « Si Ton Seigneur l’avait voulu, tous ceux qui sont sur la terre auraient cru, sans exception » ; « Si Nous l’avions voulu, Nous aurions accordé à chaque âme sa guidée ».
Seizième objection, elle aussi assumée par ces gens : la bienveillance, la grâce et la réussite qu’Allah accorde au croyant seraient, d’après eux, identiques à celles dont Il gratifie le mécréant, Sa faveur s’exerçant de façon égale sur l’un et l’autre, sans qu’Il réserve aucun privilège au croyant !