Ô que ces esprits sont tombés bien bas ! Quel droit l’esclave peut-il invoquer sur son Seigneur pour refuser la faveur qu’Il lui accorde ? Par quel titre aurait-il mérité d’être gratifié de l’existence, d’une constitution achevée, d’un visage harmonieux, d’une stature équilibrée, de forces, d’utilités, d’organes et de membres, ainsi que de la mise à son service de tout ce qui est dans les cieux et sur la terre ?
Parmi Ses bienfaits les plus infimes figure le simple fait de respirer l’air, grâce qui ne lui vient presque jamais à l’esprit tant elle paraît acquise : en une seule journée et une seule nuit, il inspire et expire 24 000 fois. Si donc le plus minime de Ses dons – et il n’en est pas de moindre – représente 24 000 bienfaits quotidiens, que dire de ceux qui sont plus sublimes encore ?
Ô misérables intelligences ainsi avilies ! Quelle science possédez-vous⦗1⦘ et quel effort sauriez-vous fournir qui compenserait, ne serait-ce qu’en partie, les quelques bienfaits terrestres qu’Il vous dispense, au point qu’il ne resterait plus aucune faveur d’Allah sur vous lorsque viendrait la récompense, sous prétexte que vous auriez perçu vos « créances » auprès de Lui et qu’Il n’aurait plus à revendiquer envers vous la moindre grâce ?
Quelle nation, dans l’histoire des peuples, a jamais atteint une telle ignorance d’Allah, au point de repousser Sa faveur, de prétendre avoir un droit sur son Seigneur et d’affirmer que Sa libéralité troublerait le plaisir qu’elle trouve à recevoir Ses dons ?
Qu’un serviteur adopte pareille attitude à l’égard d’un roi de ce monde, il s’attirerait son mépris, serait éloigné et tomberait en disgrâce – alors même que, dans les faits, ce roi ne lui a accordé aucun bienfait véritable ; le seul Bienfaiteur en vérité, le Maître et Dispensateur des grâces, c’est Allah.
Ces gens viennent ainsi de mettre au jour l’une des plus hideuses tares de l’ignorance par cette opinion absurde et ce dogme répugnant. Louange à Allah qui nous a préservés de l’épreuve qui afflige les adeptes de cette doctrine, ces orgueilleux qui rechignent à accueillir la faveur d’Allah et prétendent que les bienfaits dont Il les comble