Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

renierait la foi dès l’instant où l’obligation lui serait imposée.

Onzième argument contraignant (1) : ils ont affirmé – et, sur ce point, ils ont dit vrai – que le Seigneur, exalté soit-Il, est capable de dispenser, d’emblée et sans l’intermédiaire d’aucune œuvre, une récompense de même valeur ; quel intérêt aurait-Il donc à exposer Ses serviteurs aux épreuves et aux difficultés ?

Puis ils ont ajouté – et, cette fois, ils ont menti – que la finalité du taklîf (la charge légale) serait que le bénéficiaire goûte plus aisément et plus agréablement à son droit pleinement acquis qu’à une faveur gratuite qui impliquerait pour lui une dette de gratitude. Voilà une parole émanant des créatures les plus ignorantes à l’égard du Seigneur, de Son droit et de Sa grandeur ; elle Le met sur le même pied que de simples hommes et constitue l’une des pires formes d’anthropomorphisme (2). Qu’Allah soit infiniment exalté au-dessus de leurs errements !

Comment la créature, esclave entretenue par son Maître, pourrait-elle répugner à accepter la grâce et la faveur d’Allah, exalté soit-Il ? La faveur n’appartient-elle pas, en réalité, à Allah seul, Lui qui dispense Sa munificence ?

Allah, Très-Haut, dit : « Ils te comptent leur soumission comme une faveur ! Dis : Ne me comptez pas votre islam comme une faveur ; c’est plutôt Allah qui vous fait une faveur en vous guidant vers la foi, si vous êtes véridiques » (sourate 49, verset 17). Il dit encore : « Allah a, certes, fait une faveur aux croyants lorsqu’Il leur a envoyé un Messager issu d’eux-mêmes, qui leur récite Ses versets, les purifie et leur enseigne le Livre et la sagesse, alors qu’auparavant ils étaient dans un égarement manifeste » (sourate 3, verset 164).

Lorsque le Prophète ﷺ dit aux Ansâr : « Ne vous ai-je pas trouvés égarés, et Allah ne vous a-t-Il pas guidés par mon intermédiaire ? Pauvres, et Allah ne vous a-t-Il pas enrichis par mon intermédiaire ? », ils répondirent : « Allah et Son Messager sont les plus bienfaisants envers nous » (3).

(1) Le manuscrit T porte : « al-ilzam al-ʿâshir » (le dixième argument contraignant). (2) Les manuscrits de base donnent « aqbaḥ an-nisba » (« l’attribution la plus odieuse »), mais l’édition suit la leçon du manuscrit Ṭ, jugée plus cohérente. (3) Ḥadith rapporté par al-Bukhari, nº 4330, et Muslim, nº 1061, d’après ʿAbd Allah b. Zayd b. ʿAsim.
يكفُر عند تكليفه. الإلزام الحادي عشر (١): أنهم قالوا ــ وصدَقوا ــ: إنَّ الرَّبَّ تعالى قادرٌ على التفضُّل بمثل الثَّواب ابتداءً بلا واسطة عمل، فأيُّ غَرَضٍ له في تعريض العباد للبلوى والمشاقِّ؟! ثمَّ قالوا - وكذَبوا ــ: الغرض في التكليف أنَّ استيفاء المستحِقِّ حقَّه أهنأ له وألذُّ من قبول التفضُّل واحتمال المِنَّة. وهذا كلامُ أجهل الخلق بالرَّبِّ تعالى وبحقِّه وبعظمته، ومُساوٍ بينه وبين آحاد النَّاس، وهو من أقبح التشبيه (٢) وأخبثه، تعالى الله عن ضلالهم علوًّا كبيرًا. فكيف يستنكفُ العبدُ المخلوقُ المربوبُ من قبول فضل الله تعالى ومِنَّته؟! وهل المِنَّةُ في الحقيقة إلا لله المانِّ بفضله؟! قال تعالى: ﴿يَمُنُّونَ عَلَيْكَ أَنْ أَسْلَمُوا قُلْ لَا تَمُنُّوا عَلَيَّ إِسْلَامَكُمْ بَلِ اللَّهُ يَمُنُّ عَلَيْكُمْ أَنْ هَدَاكُمْ لِلْإِيمَانِ إِنْ كُنْتُمْ صَادِقِينَ﴾ [الحجرات: ١٧]، وقال تعالى: ﴿لَقَدْ مَنَّ اللَّهُ عَلَى الْمُؤْمِنِينَ إِذْ بَعَثَ فِيهِمْ رَسُولًا مِنْ أَنْفُسِهِمْ يَتْلُو عَلَيْهِمْ آيَاتِهِ وَيُزَكِّيهِمْ وَيُعَلِّمُهُمُ الْكِتَابَ وَالْحِكْمَةَ وَإِنْ كَانُوا مِنْ قَبْلُ لَفِي ضَلَالٍ مُبِينٍ﴾ [آل عمران: ١٦٤]، ولما قال النَّبيُّ ﷺ للأنصار: «ألم أجِدْكم ضُلَّالًا فهداكم الله بي؟ وعالةً فأغناكم الله بي؟» أجابوه بقولِهم: الله ورسولُه أمَنُّ (٣).
(١) (ت): «الإلزام العاشر». (٢) في الأصول: «أقبح النسبة». والمثبت من (ط)، وهو أشبه. (٣) أخرجه البخاري (٤٣٣٠)، ومسلم (١٠٦١) من حديث عبد الله بن زيد بن عاصم ﵁.

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