renierait la foi dès l’instant où l’obligation lui serait imposée.
Onzième argument contraignant (1) : ils ont affirmé – et, sur ce point, ils ont dit vrai – que le Seigneur, exalté soit-Il, est capable de dispenser, d’emblée et sans l’intermédiaire d’aucune œuvre, une récompense de même valeur ; quel intérêt aurait-Il donc à exposer Ses serviteurs aux épreuves et aux difficultés ?
Puis ils ont ajouté – et, cette fois, ils ont menti – que la finalité du taklîf (la charge légale) serait que le bénéficiaire goûte plus aisément et plus agréablement à son droit pleinement acquis qu’à une faveur gratuite qui impliquerait pour lui une dette de gratitude. Voilà une parole émanant des créatures les plus ignorantes à l’égard du Seigneur, de Son droit et de Sa grandeur ; elle Le met sur le même pied que de simples hommes et constitue l’une des pires formes d’anthropomorphisme (2). Qu’Allah soit infiniment exalté au-dessus de leurs errements !
Comment la créature, esclave entretenue par son Maître, pourrait-elle répugner à accepter la grâce et la faveur d’Allah, exalté soit-Il ? La faveur n’appartient-elle pas, en réalité, à Allah seul, Lui qui dispense Sa munificence ?
Allah, Très-Haut, dit : « Ils te comptent leur soumission comme une faveur ! Dis : Ne me comptez pas votre islam comme une faveur ; c’est plutôt Allah qui vous fait une faveur en vous guidant vers la foi, si vous êtes véridiques » (sourate 49, verset 17). Il dit encore : « Allah a, certes, fait une faveur aux croyants lorsqu’Il leur a envoyé un Messager issu d’eux-mêmes, qui leur récite Ses versets, les purifie et leur enseigne le Livre et la sagesse, alors qu’auparavant ils étaient dans un égarement manifeste » (sourate 3, verset 164).
Lorsque le Prophète ﷺ dit aux Ansâr : « Ne vous ai-je pas trouvés égarés, et Allah ne vous a-t-Il pas guidés par mon intermédiaire ? Pauvres, et Allah ne vous a-t-Il pas enrichis par mon intermédiaire ? », ils répondirent : « Allah et Son Messager sont les plus bienfaisants envers nous » (3).