Si donc Allah, exalté soit-Il, sait que, s’Il mettait un terme à la vie d’un serviteur avant qu’il n’atteigne la puberté et la pleine maturité de sa raison, celui-ci serait sauvé, tandis que, s’Il lui laissait du répit et lui facilitait la réflexion, il s’entêterait, renierait et tomberait dans la mécréance, comment peut-on prétendre que le plus avantageux pour lui consiste à le maintenir en vie jusqu’à la puberté, alors que, d’après vous, la finalité même de la charge légale est la réforme des âmes et l’exposition aux plus hauts degrés (1), lesquels ne s’obtiennent que par les œuvres ?
N’est-il pas vrai que, si l’un d’entre nous sait que son fils, une fois doté d’un capital pour commercer, périra et subira la ruine, il s’abstiendra de l’y exposer et qu’il serait blâmable de sa part de le faire, tandis que – d’après vous – cet acte serait jugé louable et non blâmable venant du Seigneur des mondes ?
De même, si quelqu’un sait que son enfant, recevant une épée ou une arme pour combattre l’ennemi, finirait par se donner la mort et remettre l’arme à l’ennemi, il lui serait répréhensible de la lui confier ; or le Seigneur, exalté soit-Il, sait cela au sujet de la plupart de Ses serviteurs et, pourtant, il n’est nullement blâmable qu’Il les y habilite et leur fournisse ces instruments : c’est, au contraire, un acte parfait de Sa part.
Comment donc, alors qu’ils reconnaissent eux-mêmes que, si Allah, exalté soit-Il, savait que, s’Il envoyait un messager à Ses créatures et lui confiait la mission de transmettre, ce dernier ne s’en acquitterait pas, Sa science le détournerait de vouloir le bien et la réforme (2) ? Ce serait comparable à celui qui tend une corde à un noyé pour qu’il se sauve, tout en sachant qu’il s’en servira pour se stranguler.
Ils admettent encore que, si Allah, exalté soit-Il, sait que la charge qu’Il imposerait à l’un de Ses serviteurs entraînerait la corruption de la communauté, il Lui serait alors blâmable de la lui imposer, car ce serait semer la corruption chez celui dont Il sait qu’il