jusqu’au Jour de la Résurrection fût pour eux plus bénéfique et plus profitable que de le faire périr et disparaître.
Corollaire n° 7 : Il en découlerait qu’il est plus avantageux et plus profitable pour les créatures que Dieu laisse au diable la possibilité de les égarer — et de circuler en eux comme le sang dans leurs veines — plutôt que d’ériger une barrière entre lui et eux.
Corollaire n° 8 : Il faudrait encore admettre que la mort des envoyés (1) est plus salutaire pour les serviteurs que leur présence au milieu d’eux, quand bien même ils les guideraient, et plus profitable que de priver les hommes de cette guidance (2).
Corollaire n° 10 (3) : Tel est l’argument qu’Abû al-Hasan al-Ashʿarî opposa à al-Jubbâʾî. Il l’interrogea au sujet de trois frères : Allah fit mourir le premier alors qu’il était enfant et laissa vivre les deux autres ; l’un choisit la foi, l’autre la mécréance. Dans le Paradis, Dieu éleva le rang du croyant adulte au-dessus de celui de son frère mort en bas âge, en raison de ses œuvres. L’enfant s’exclama : « Seigneur, pourquoi ne m’accordes-Tu pas le rang de mon frère ? » — « Parce qu’il a vécu et accompli des actes qui lui ont mérité cette position », répondit-Il. L’enfant reprit : « Seigneur, pourquoi ne m’as-Tu pas laissé vivre afin que j’accomplisse, moi aussi, les mêmes actes ? » — « Il était meilleur pour toi, répondit le Seigneur, que Je te fasse mourir enfant ; J’ai su que, si tu avais atteint l’âge de raison, tu aurais opté pour la mécréance. Il était donc plus salutaire pour toi que Je mette fin à ta vie durant l’enfance. » Alors leur troisième frère, depuis les profondeurs de l’Enfer, cria : « Seigneur, pourquoi n’as-Tu pas appliqué à mon cas ce même ‘choix du meilleur’, en me faisant mourir petit, comme Tu l’as fait pour mon frère ? » Al-Jubbâʾî demeura muet, incapable de formuler la moindre réponse (4).