Allah — exalté soit-Il — dit : « La vie d’ici-bas les a trompés, et ils témoigneront contre eux-mêmes qu’ils étaient bel et bien mécréants. » (Al-Anʿâm, 130). Ce verset établit donc l’obligation et l’interdiction qui incombent aux serviteurs avant même l’envoi des messagers.
Quant à l’inexistence de toute obligation ou interdiction pour Celui à qui appartiennent la création et le commandement, et qui n’est pas interrogé sur ce qu’Il fait, elle se démontre de plusieurs manières.
Premièrement : concevoir une obligation ou une interdiction à Son encontre — glorifié soit-Il — est, en soi, inconcevable. Comment saurait-on, par la seule raison, qu’Il Lui incombe de louer et de blâmer, de récompenser et de châtier tel acte ? Tout cela n’est-il pas du domaine de l’inconnaissable (1) ?
Par quel moyen saurions-nous (2) qu’Il s’agrée d’un agent et Se courrouce d’un autre, qu’Il récompense celui-ci et châtie celui-là, alors qu’aucun informateur véridique ne l’a affirmé ; qu’aucun raisonnement ne révèle les lieux de Son agrément ou de Sa colère ; et qu’aucun rapporteur ne nous a instruits de Ses jugements et de Sa science ?
Il ne subsiste donc que l’analogie entre Ses actes et ceux de Ses serviteurs ; or cette analogie est l’une des plus corrompues et des plus vaines. Tout comme il n’existe rien qui Lui ressemble dans Son essence ni dans Ses attributs, rien non plus ne Lui ressemble dans Ses actes. Comment pourrait-on mesurer Ses actes à ceux de Ses créatures, au point de considérer que ce qui est beau de leur part l’est de la Sienne, et que ce qui est blâmable de leur part l’est aussi de la Sienne ? Nous voyons pourtant quantité d’actions qui seraient répréhensibles venant de nous mais qui, venant de Lui — exalté soit-Il —, sont parfaites et louables : faire souffrir les enfants ou les animaux, anéantir des richesses ou des vies dont la destruction, de notre fait, serait blâmable, mais qui, de Sa part, demeure sans reproche. Un jour, on interrogea l’un des savants à ce propos (3), et l’interlocuteur récita :