ou d’un individu à un autre, si bien qu’il se superpose à lui, parmi ces significations, tout ce que nous avons décrit et dénombré, et cela peut même atteindre un degré qui échappe à tout recensement. Il s’ensuit donc que ces significations ne tiennent pas à l’acte en lui-même, mais aux simples pensées fugaces qui traversent l’esprit (1), et elles se contredisent mutuellement (2).
Ils ajoutent : si la beauté et la laideur rationnelles (3) étaient avérées, l’obligation et l’interdiction s’y trouveraient liées, en présence comme en absence, aussi bien pour le serviteur que pour le Seigneur ; or une telle conséquence est impossible ; la prémisse l’est donc elle aussi.
Quant à cette prétendue nécessité, les partisans de l’affirmation (4) s’en sont eux-mêmes chargés : ils soutiennent en effet qu’il incombe, en vertu de la raison, au serviteur d’accomplir certains actes bons, qu’il lui est interdit de commettre le répréhensible, et qu’il mérite pour cela récompense et châtiment ; qu’il est également obligatoire pour le Seigneur — exalté soit-Il — d’accomplir le bien, de veiller à l’intérêt et au plus avantageux, et qu’Il Lui est interdit de faire le mal, le mauvais ou ce qui est vain, tel le pur divertissement. Par le seul outil de leur intellect, ils ont ainsi institué une « loi » imposant des obligations à Dieu et Lui interdisant certaines choses ; voilà, selon eux, le fruit et l’utilité de la question.
Quant à la négation de cette conséquence, l’obligation et l’interdiction en dehors de la Révélation sont inconcevables ; car, si elles étaient établies sans elle, la preuve existerait sans les messagers, alors qu’Allah — glorifié soit-Il — n’a fait valoir l’argument que par l’envoi des messagers, comme Il le dit : « …afin que les gens n’aient plus d’argument contre Allah après l’envoi des messagers » (An-Nisâʾ, 165).