Il ressort donc clairement de ce qui précède que quiconque nie la Parole d’Allah a, ipso facto, nié l’ensemble du taklîf (l’obligation légale) et s’est rangé parmi les plus pernicieux des qadarites, proférant l’opinion la plus détestable : il reconnaît en effet l’existence d’obligations, de prescriptions et d’interdictions sans commandement ni défense, sans exigence ni requête. Cela constitue un qadarisme (1) à l’égard du Seigneur Très-haut. De plus, il affirme l’existence d’un acte, d’une obéissance et d’une désobéissance sans auteur ni créateur ; c’est là encore un qadarisme à l’égard du serviteur. Que l’on prête donc une attention particulière à cette subtilité (2).
Ils ajoutent : « Toute signification que l’on peut extraire d’une parole ou d’un acte pour lui associer un jugement approprié se voit, du point de vue de la raison, contredite par une autre signification qui lui est égale en degré, voire lui est supérieure. L’intellect demeure alors perplexe quant au choix à opérer, jusqu’à ce que la Loi révélée intervienne en privilégiant l’une d’elles ou en la choisissant d’elle-même ; il incombe alors à l’être raisonnable de la retenir pour la seule raison que la Sharîʿa l’a préférée, et non parce qu’elle l’emporte par elle-même. »
À titre d’illustration, disons ceci : lorsqu’un homme en tue un autre semblable à lui, l’intellect sain se trouve confronté à plusieurs avis contradictoires. L’un d’eux veut qu’il soit mis à mort en représailles, à titre de sanction dissuasive.