et de prohiber ; comment, dès lors, pourrait-on Le concevoir sous une description d’où il ressortirait qu’Il attend de Sa créature une obéissance lui valant récompense, ou qu’Il réprouve de sa part une désobéissance lui valant châtiment ?
Puisqu’aucun ordre ni aucune défense n’est intelligible, il n’y a donc ni obéissance ni désobéissance, ces dernières n’étant que le prolongement des premiers ; partant, il n’y a ni récompense ni punition, celles-ci procédant de l’obéissance et de la désobéissance.
Tout au plus soutiennent-ils qu’Il crée, dans l’air ou sur un arbre (1), l’injonction : « Agis ! » ou : « N’agis pas ! », à la condition que cet ordre ou cette défense ainsi créés n’indiquent aucun attribut de Son Essence, sinon qu’Il est Savant et Tout-puissant.
Or il est manifeste qu’une telle création ne prouve rien d’autre que le fait que l’agent est capable, savant, vivant et qu’il veut son acte ; quant à ce que cela attesterait de la réalité même de l’ordre et de la défense — lesquels impliquent l’obéissance et la désobéissance, elles-mêmes impliquant récompense et châtiment — il n’en est rien.
Qu’il soit donc bien compris (2) que quiconque nie la présence, dans l’Essence d’Allah, de la parole, de l’ordre et de la défense (3) se trouve dans l’impossibilité absolue d’établir pour le serviteur la moindre obligation légale, ni de reconnaître à un acte quelque qualification de bien ou de mal ; cela revient à abolir l’ensemble des prescriptions révélées, alors qu’elles reposent sur la parole d’un homme dont la véracité a été démontrée par la preuve rationnelle et dont la prophétie a été attestée par le miracle — sans même parler des jugements purement intellectuels, divergents parce qu’ils s’appuient sur les coutumes changeantes des hommes, leurs relations, leurs circonstances, les époques, les lieux et les propos.