Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

et qu’il les châtie pour leurs actes.
2. Qu’Il ne leur impose ni commandement ni interdiction, puisqu’Il ne retire aucune gloire de leur obéissance et ne subit aucun préjudice de leur désobéissance (1) ; Ses bienfaits ne seraient donc pas une récompense (2), mais un don gratuit, accordé d’emblée.

Si ces deux hypothèses se trouvent ainsi en concurrence dans l’ordre de la raison, comment celle-ci pourrait-elle, avec certitude et sans équivoque, en élire une comme étant la vérité ? Comment la raison nous obligerait-elle, elle, au devoir de connaître, nos membres au devoir d’obéir, et le Créateur, exalté soit-Il, au devoir de récompenser et de punir ? (3)

Ils ajoutent : à plus forte raison selon les principes des muʿtazilites qadariyya, car, d’après leur doctrine, la prescription de commandements, d’interdictions et d’obligations de la part d’Allah n’a aucune réalité ; en effet, rien ne revient à l’Essence du Seigneur – qu’Il soit exalté – sous la forme d’un attribut qui ferait de Lui un ordonnateur, un prohibiteur, un législateur chargeant les créatures (4), et il est évident qu’aucun attribut des créatures ne saurait revenir à Son Essence.

Or, pour eux, l’intellect ne Le connaît que sous ce seul aspect, et il est, à leurs yeux, impossible de Le concevoir comme exigeant ou réclamant quoi que ce soit, ou comme formulant un ordre ou une défense, de la manière dont on comprend l’ordre et l’interdiction comme une demande inhérente à l’ordonnateur ou au prohibiteur ; donc, s’il ne subsiste en Lui aucune demande, il est impossible qu’Il soit ordonnateur ou prohibiteur.

Ainsi, selon eux, la seule chose à laquelle la raison puisse parvenir est de Le connaître sous une description qui exclut par essence qu’Il puisse être qualifié d’ordonner

(1) Variante relevée dans Nihayat al-Aqdam : «… et Il n’est pas entaché par une désobéissance de leur part». Plus loin (p. 1075) : «et leur désobéissance ne L’entache pas». (2) Dans le manuscrit intitulé al-Usul : «mais Ses bienfaits ne constituent pas une récompense». Cette leçon est confirmée plus bas (p. 1090). (3) Cf. Nihayat al-Aqdam, p. 380 et 382-385. (4) Le manuscrit al-Usul porte : «Il impose des obligations du seul fait qu’Il commande et interdit, comme Il crée». Dans Nihayat al-Aqdam : «Il est plutôt savant et tout-puissant ; Il produit le commandement comme Il produit la création». Le texte retenu suit l’édition (ṭ).
ويعاقبهم على فعلهم. الثَّاني: أن لا يكلِّفهم بأمرٍ ولا نهي؛ إذ لا يتزيَّن سبحانه منهم بطاعة، ولا يتضرَّر منهم بمعصية (١)، فلا تكونُ نِعَمه ثوابًا (٢)، بل ابتداءً. وإذا تعارض في العقول هذان الأمران، فكيف يهتدي العقلُ إلى اختيار أحدهما حقًّا وقطعًا؟! فكيف يعرِّفنا العقلُ وجوبًا على نفسه بالمعرفة، وعلى الجوارح بالطَّاعة، وعلى الباري سبحانه بالثَّواب والعقاب؟! (٣). قالوا: ولا سيَّما على أصول المعتزلة القدرية؛ فإنَّ التكليفَ بالأمر والنهي والإيجاب من الله لا حقيقة له على أصلهم، فإنه لا يرجعُ إلى ذات الربِّ تعالى صفةٌ يكونُ بها آمرًا ناهيًا مُوجِبًا مكلِّفًا بالأمر والنهي للخَلق (٤)، ومعلومٌ أنه لا يرجعُ إلى ذاته من الخلق صفة. والعقلُ عندهم إنما يعرفه على هذه الصِّفة، ويستحيلُ عندهم أن يعرفه بأنه يقتضي ويطلبُ منه شيئًا، أو يأمره وينهاه بشيء، كما يُعْقَلُ الأمرُ والنهيُ بالطَّلب القائم بالآمر والنَّاهي؛ فإذا لم يقُم به طلبٌ استحال أن يكون آمرًا ناهيًا. فغايةُ العقل عندهم أن يعرفه على صفةٍ يستحيلُ عليه الاتصافُ بالأمر
(١) «نهاية الأقدام»: «ولا يتشيَّن منهم بمعصية». وفيما سيأتي (ص: ١٠٧٥): «ولا تشينه معصيتهم». (٢) في الأصول: «بل لا تكون نعمه ثوابا». والمثبت مما سيأتي (ص: ١٠٩٠). (٣) «نهاية الأقدام» (٣٨٠، ٣٨٢ - ٣٨٥). (٤) في الأصول: «مكلفا عن فعله للأمر والنهي لفعله للخلق». وفي «نهاية الأقدام»: «مكلفا بل هو عالم قادر فاعل للأمر كما هو فاعل للخلق». والمثبت من (ط).

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