et qu’il les châtie pour leurs actes.
2. Qu’Il ne leur impose ni commandement ni interdiction, puisqu’Il ne retire aucune gloire de leur obéissance et ne subit aucun préjudice de leur désobéissance (1) ; Ses bienfaits ne seraient donc pas une récompense (2), mais un don gratuit, accordé d’emblée.
Si ces deux hypothèses se trouvent ainsi en concurrence dans l’ordre de la raison, comment celle-ci pourrait-elle, avec certitude et sans équivoque, en élire une comme étant la vérité ? Comment la raison nous obligerait-elle, elle, au devoir de connaître, nos membres au devoir d’obéir, et le Créateur, exalté soit-Il, au devoir de récompenser et de punir ? (3)
Ils ajoutent : à plus forte raison selon les principes des muʿtazilites qadariyya, car, d’après leur doctrine, la prescription de commandements, d’interdictions et d’obligations de la part d’Allah n’a aucune réalité ; en effet, rien ne revient à l’Essence du Seigneur – qu’Il soit exalté – sous la forme d’un attribut qui ferait de Lui un ordonnateur, un prohibiteur, un législateur chargeant les créatures (4), et il est évident qu’aucun attribut des créatures ne saurait revenir à Son Essence.
Or, pour eux, l’intellect ne Le connaît que sous ce seul aspect, et il est, à leurs yeux, impossible de Le concevoir comme exigeant ou réclamant quoi que ce soit, ou comme formulant un ordre ou une défense, de la manière dont on comprend l’ordre et l’interdiction comme une demande inhérente à l’ordonnateur ou au prohibiteur ; donc, s’il ne subsiste en Lui aucune demande, il est impossible qu’Il soit ordonnateur ou prohibiteur.
Ainsi, selon eux, la seule chose à laquelle la raison puisse parvenir est de Le connaître sous une description qui exclut par essence qu’Il puisse être qualifié d’ordonner