Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

une jolie femme appelée « Juive » (1) ; car il a trouvé ce nom associé à la laideur et s’est donc imaginé que la laideur devait, elle aussi, accompagner le nom.

C’est pourquoi, lorsqu’on soumet à un simple profane une question rationnelle limpide, il l’admet volontiers ; mais qu’on ajoute : « Ceci est la doctrine d’al-Ashʿarî, des Muʿtazilites, des Ẓâhirites (2) ou d’un autre », il s’en détourne aussitôt, pour peu qu’il ait mauvaise opinion de l’auteur auquel tu l’attribues. Et ce n’est pas là le propre du profane ; c’est le travers de la plupart de ceux qui se croient (3) gens de raison et de savoir, à l’exception des savants fermement établis, à qui Dieu a montré la vérité comme vérité et a donné la force de la suivre.

Chez la majorité des hommes, les facultés de l’âme (4) se plient à des illusions mensongères, tout en sachant qu’elles le sont ; la plupart de leurs audaces comme de leurs reculs proviennent de ces illusions. L’illusion exerce en effet une grande emprise sur l’âme : ainsi la nature humaine répugne à passer la nuit dans une maison où gît un mort, tout en étant certaine qu’il ne bougera pas ; mais à chaque instant elle s’imagine ses mouvements et ses paroles (5).

On dit donc : si tu prêtes attention à ces ressorts, tu comprendras le secret des propositions que l’intellect trouve belles, et la raison de cette approbation, ainsi que le secret de celles qu’il juge laides, et la raison de cette réprobation.

Donnerons à ce sujet deux exemples, que les partisans de l’affirmation (6) invoquent contre nous :

(1) Omission dans le manuscrit (D). Certaines copies du Mustasfa lisent : « al-hunud » (les Indiens). (2) Le Mustasfa porte : « le madhhab asharite, hanbalite ou muʿtazilite ». (3) Le Mustasfa retient « al-mutasimin » ; quelques témoins proposent « al-mutarasimin ». (4) Les sources primitives donnent « tara nufusuhum » ; nous suivons ici la leçon du Mustasfa, déjà signalée plus haut. (5) Al-Ghazali, Al-Mustasfa, t. 1, p. 116-117. (6) Affirmation du caractère rationnel du bien et du mal (ḥusn wa-qubḥ ʿaqliyyān).
حسناء سمِّيت باسم اليهود (١)؛ إذْ وَجَدَ الاسمَ مقرونًا بالقُبح، فظنَّ أنَّ القُبحَ أيضًا يلازمُ الاسم. ولهذا يُورَدُ على بعض العوامِّ مسألةٌ عقليةٌ جليَّةٌ فيقبلُها، فإذا قلتَ: هذا مذهبُ الأشعريِّ أو المعتزليِّ أو الظَّاهريِّ (٢) أو غيره، نَفَر عنه إن كان سيِّاء الاعتقاد فيمن نسبتَها إليه، وليس هذا طبعَ العاميِّ، بل طبعُ أكثر العقلاء المتوسِّمينَ (٣) بالعلم، إلا العلماء الراسخينَ الذين أراهم الله الحقَّ حقًّا، وقوَّاهم على اتِّباعه. وأكثرُ الخلق قُوى نفوسِهم (٤) مطيعةٌ للأوهام الكاذبة، مع علمهم بكذبها، وأكثرُ إقدام الخلق وإحجامهم بسبب هذا الأوهام؛ فإنَّ الوهمَ عظيمُ الاستيلاء على النَّفس، ولذلك يَنفِرُ طبعُ الإنسان عن المبيت في بيتٍ فيه ميِّتٌ مع قطعه بأنه لا يتحرَّك، ولكنه يتوهَّمُ في كلِّ ساعةٍ حَرَكَته ونُطْقَه (٥). قالوا: فإذا انتبهتَ لهذه المثارات عرفتَ بها سِرَّ القضايا التي تستحسنُها العقول، وسِرَّ استحسانها إياها، والقضايا التي تستقبحُها العقول، وسِرَّ استقباحها لها. ولنضربْ لذلك مثلين، وهما مما يحتجُّ بهما علينا أهلُ الإثبات (٦):
(١) مهملة في (د). وفي بعض نسخ «المستصفى»: «الهنود». (٢) «المستصفى»: «مذهب الأشعري أو الحنبلي أو المعتزلي». (٣) «المستصفى»: «المتسمين». وفي بعض نسخه: «المترسمين». (٤) في الأصول: «ترى نفوسهم». والمثبت من «المستصفى». وتقدم آنفًا. (٥) «المستصفى» (١/ ١١٦ - ١١٧). (٦) إثبات الحسن والقبح العقليَّين.

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