ce même acte soit tenu pour louable par un peuple à telle époque, puis qu’il soit jugé blâmable. Or nous avons circonscrit notre propos au statut de la charge religieuse, de telle sorte que ce qui est beau s’impose comme une obligation (1), qu’il donne droit, à coup sûr, à une récompense et qu’aucun reproche ne saurait jamais l’atteindre ; un tel jugement, toutefois, est impossible à saisir (2) par la seule raison (3).
Ils disent : « Telle est, dans sa formulation la plus solidement établie et la plus rigoureusement exposée, la méthode des gens de la vérité (4). »
Ils poursuivent (5) : « Nous ne nions pas que la beauté des vertus – celles mêmes dont on aime proposer l’exemple – et la laideur de leurs contraires soient universellement connues parmi les créatures, ni que l’on loue, remercie et comble d’éloges celui qui les accomplit, tandis que l’on blâme l’auteur des vices. Cependant, le fondement de ces jugements (6) relève soit de la pratique religieuse prescrite par les lois révélées, soit des intérêts recherchés. Ce que nous récusons, c’est leur application à Allah, car aucun intérêt ne saurait Lui être attribué. Quant à l’usage que les hommes font de ces expressions dans leurs rapports mutuels, il tire bien sa source de leurs intérêts ; mais ceux-ci peuvent être (7) si subtils et dissimulés que seuls les investigateurs avertis (8) les perçoivent.
Et ils ajoutent : « Nous allons désormais signaler les lieux d’où naît l’erreur ; l’imagination s’y trompe en trois points : »