Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

ce même acte soit tenu pour louable par un peuple à telle époque, puis qu’il soit jugé blâmable. Or nous avons circonscrit notre propos au statut de la charge religieuse, de telle sorte que ce qui est beau s’impose comme une obligation (1), qu’il donne droit, à coup sûr, à une récompense et qu’aucun reproche ne saurait jamais l’atteindre ; un tel jugement, toutefois, est impossible à saisir (2) par la seule raison (3).

Ils disent : « Telle est, dans sa formulation la plus solidement établie et la plus rigoureusement exposée, la méthode des gens de la vérité (4). »

Ils poursuivent (5) : « Nous ne nions pas que la beauté des vertus – celles mêmes dont on aime proposer l’exemple – et la laideur de leurs contraires soient universellement connues parmi les créatures, ni que l’on loue, remercie et comble d’éloges celui qui les accomplit, tandis que l’on blâme l’auteur des vices. Cependant, le fondement de ces jugements (6) relève soit de la pratique religieuse prescrite par les lois révélées, soit des intérêts recherchés. Ce que nous récusons, c’est leur application à Allah, car aucun intérêt ne saurait Lui être attribué. Quant à l’usage que les hommes font de ces expressions dans leurs rapports mutuels, il tire bien sa source de leurs intérêts ; mais ceux-ci peuvent être (7) si subtils et dissimulés que seuls les investigateurs avertis (8) les perçoivent.

Et ils ajoutent : « Nous allons désormais signaler les lieux d’où naît l’erreur ; l’imagination s’y trompe en trois points : »

(1) «Nihayat al-Aqdam» donne la leçon : «fihi wujuban» (cela relève de l’obligation). (2) «Nihayat al-Aqdam» : «wa-mithla hadha la yamnaʿ idrakahu» (un tel fait n’est pas impossible à connaître). (3) «Nihayat al-Aqdam», p. 371-373. (4) «Nihayat al-Aqdam», p. 373. (5) Extrait d’«al-Mustasfa» d’al-Ghazali. (6) Mss D et Q : «nastankiruha» (nous la réprouvons) ; ms T : «nashkuraha» (nous la remercions) — leçon fautive. Plus loin (p. 1024) on lit «sabab dhikriha» (raison de sa mention). Le texte retenu suit «al-Mustasfa», même si la variante la plus conforme au contexte serait «mustamaddaha» (sa source). (7) Mss Q et D : «qad badat al-aghrad» (les visées sont apparues) ; ms T : «fasadat al-aghrad» (les visées se sont corrompues), lecture fautive. La leçon adoptée est celle d’«al-Mustasfa». (8) «al-Mustasfa», vol. 1, p. 116.
بالنسبة إلى قومٍ وزمانٍ حسنًا، وربَّما يكونُ قبيحًا، لكنَّا وضعنا الكلامَ في حُكم التكليف بحيث يجبُ الحسنُ به وجوبًا (١)، يثابُ عليه قطعًا، ولا يتطرَّقُ إليه لومٌ أصلًا، ومثل هذا يمتنعُ إدراكُه (٢) عقلًا (٣). قالوا: فهذه طريقةُ أهل الحقِّ على أحسن ما تقرَّر وأحسن ما تحرَّر (٤). قالوا (٥): وأيضًا؛ فنحن لا ننكرُ اشتهارَ حُسْن الفضائل التي ذُكِر ضَرْبُهم بها الأمثال، وقُبحَها بين الخلق، وكونها محمودةً مشكورةً مُثنًى على فاعلها، أو مذمومةً مذمومًا فاعلُها، ولكنَّ مستندها (٦) إمَّا [التَّديُّن] بالشرائع وإمَّا الأغراض، ونحنُ إنما ننكرها في حقِّ الله ﷿ لانتفاء الأغراض عنه، فأمَّا إطلاقُ النَّاس هذه الألفاظ فيما يدورُ بينهم فيُسْتَمَدُّ من الأغراض، ولكن قد تَدِقُّ الأغراض (٧) وتخفى فلا ينتبهُ لها إلا المحقِّقون (٨). قالوا: ونحن ننبِّه على مثارات الغلط فيه، وهي ثلاثة مثاراتٍ يغلطُ الوهمُ فيها:
(١) «نهاية الأقدام»: «فيه وجوبا». (٢) «نهاية الأقدام»: «ومثل هذا لا يمتنع إدراكه». (٣) «نهاية الأقدام» (٣٧١ - ٣٧٣). (٤) «نهاية الأقدام» (٣٧٣). (٥) من «المستصفى» للغزالي. (٦) (د، ق): «نستنكرها». (ت): «نشكرها». وهو تحريف. وفيما يأتي (ص: ١٠٢٤): «سبب ذكرها». والمثبت من «المستصفى»، وإن كان الأشبه بسياقه: مستمدَّها. (٧) (ق، د): «قد بدت الأغراض». (ت): «قسدت الأغراض». وهو تحريف. والمثبت من «المستصفى». (٨) «المستصفى» (١/ ١١٦).

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