Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

car sa cause subsiste, et le facteur qui l’exige est bien présent ; toutefois, son effet ne s’est pas réalisé faute de la condition requise.

Par conséquent, le rattachement de l’acte à la récompense et au châtiment, à la louange et au blâme, est une donnée rationnelle, quand bien même l’exécution du châtiment demeure suspendue à une condition : la venue de la Révélation.

Doit-on alors dire que le mérite n’est pas établi, sous prétexte que la Révélation en serait la condition ? Sur ce point, deux positions existent, et le différend est sans doute surtout verbal :
– si l’on entend par « mérite » le mérite absolu, la bonne réponse est de le nier ;
– si l’on vise par là la présence de la cause, avec un empêchement lié soit au défaut de la condition, soit à l’existence d’un obstacle, la bonne réponse est de l’affirmer.

Ainsi, les trois couples – perfection et déficience, convenance et répulsion, louange et blâme – se ramènent tous à un seul principe (1) : l’acte est-il aimé ou détesté ? Lorsqu’il est aimé, il s’ensuit qu’il est parfait et qu’il mérite louange et récompense ; lorsqu’il est détesté, il s’ensuit qu’il est déficient et qu’il mérite blâme et châtiment.

Il ressort donc que, pour peu qu’on accepte toutes les implications de cette analyse et qu’on lui rende justice, la controverse s’évanouit et la question redevient consensuelle. Mais les prémisses fondamentales des deux écoles ne s’y prêtent pas ; en allant jusqu’au bout de leurs principes, elles n’échappent pas à la contradiction. Quant à celui dont le fondement consiste à affirmer la sagesse divine, à attribuer cet attribut au Seigneur – exalté soit-Il –, et à reconnaître qu’Il possède amour et haine comme réalités qui dépassent Sa volonté générale, ses principes impliquent nécessairement ses conclusions et celles-ci renvoient à leurs principes ; ses fondements et ses aboutissements ne se contredisent pas, et ses preuves ne se heurtent ni ne se réfutent.

(1) Ms. Q : « ʿarafa wāḥid » (« il n’en connut qu’une seule chose »).
سببَه قائم، ومُقْتَضِيه موجود، إلا أنه لم يتمَّ لتوقُّفه على شرطه. وعلى هذا فكونُه متعلَّقًا للثَّواب والعقاب والمدح والذَّمِّ عقليٌّ، وإن كان وقوعُ العقاب موقوفًا على شرطٍ وهو ورودُ السَّمع. وهل يقال: إنَّ الاستحقاقَ ليس بثابت، لأنَّ ورودَ السَّمع شرطٌ فيه؟ هذا فيه طريقان للنَّاس، ولعلَّ النزاع لفظيٌّ: فإن أُرِيدَ بالاستحقاق الاستحقاقُ التَّامُّ، فالحقُّ نفيُه. وإن أُرِيدَ به قيامُ السَّبب، والتَّخلُّفُ لفوات شرطٍ أو وجود مانع، فالحقُّ إثباتُه. فعادت الأقسامُ الثَّلاثة ــ أعني: الكمال والنقصان، والملاءمة والمنافَرة، والمدح والذَّمَّ ــ إلى حرفٍ واحدٍ (١)، وهو كونُ الفعل محبوبًا أو مبغوضًا، ويلزم من كونه محبوبًا أن يكون كمالًا، وأن يستحقَّ عليه المدحَ والثَّواب، ومِنْ كونه مبغوضًا أن يكون نقصًا يستحقُّ به الذَّمَّ والعقاب. فظهَر أنَّ التزام لوازم هذا التفصيل وإعطاءه حقَّه يرفعُ النزاع، ويعيدُ المسألةَ اتفاقية، ولكنَّ أصول الطَّائفتين تأبى التزام ذلك، فلا بدَّ لهما من التَّناقض إذا طَرَدوا أصولهم، وأمَّا من كان أصلُه إثباتَ الحكمة واتِّصاف الربِّ تعالى بها، وإثباتَ الحبِّ والبغض له، وأنهما أمرٌ وراء المشيئة العامَّة؛ فأصولُه مستلزمةٌ لفروعه، وفروعُه دالَّةٌ على أصوله، فأصولُه وفروعُه لا تتناقض، وأدلَّتُه لا تُمانَع ولا تُعارَض. * ... * ... *
(١) (ق): «عرف واحد».

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