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Nombre de ceux qui nient la rationalité du bien et du mal concèdent cependant que le fait qu’un acte soit jugé beau ou laid, au sens d’harmonie ou de disharmonie, de perfection ou de déficience, relève de la raison. Ils déclarent : « Nous ne contestons pas, sous ces deux rapports, le caractère bon ou mauvais d’un acte. Le désaccord ne porte que sur l’établissement rationnel de ce caractère en tant qu’il fonde l’éloge et le blâme dans l’immédiat, puis la récompense et la punition dans l’au-delà. Selon nous, la raison n’intervient pas ici ; seule l’audition pure, c’est-à-dire la Révélation, l’enseigne. »
Ces mêmes interlocuteurs précisent : « Les qualificatifs de « bon » et « mauvais » s’emploient, premièrement, au sens d’harmonie ou de disharmonie – ce qui est rationnel ; deuxièmement, au sens de perfection ou de déficience – ce qui est également rationnel (1) ; troisièmement, au sens d’entraîner récompense ou châtiment – et c’est là le point litigieux (2). »
Or, si l’on accordait à cette distinction toute l’attention qu’elle mérite et que l’on en acceptait les implications, la controverse s’évanouirait et la question redeviendrait consensuelle. En effet, le fait qu’un acte (3) constitue une marque de perfection ou de déficience implique nécessairement qu’il soit jugé convenable ou répugnant ; la perfection est aimée de qui la connaît, tandis que la déficience lui est détestable. Et il n’y a pas d’autre réalité à cette convenance ou répulsion que l’amour et la haine : Allah, exalté soit-Il, aime ce qui est parfait parmi les actes, les paroles et les œuvres ; Son amour est proportionnel à leur perfection. De même, Il déteste et honnit ce qui, parmi eux, est déficient, et Sa répulsion est proportionnelle à cette déficience. C’est pourquoi nous avons déjà rappelé que, parmi les principes de la question