et de celui chez qui elles se sont effectivement manifestées (1) ; car elles relèvent à la fois de Sa volonté et de Son amour. Ainsi, les péchés qui ne se sont jamais produits ne relèvent ni de Sa volonté ni de Son amour ; ceux qui se sont effectivement réalisés relèvent de Sa volonté sans relever de Son amour. Quant aux actes d’obéissance possibles qui ne se sont pas concrétisés, ils relèvent de Son amour sans relever de Sa volonté ; et ceux qui ont bel et bien eu lieu relèvent conjointement de Son amour et de Sa volonté.
Quiconque ne maîtrise pas ces trois fondements ne dispose d’aucune assise solide dans les questions de sagesse, de causalité finale et de qualification morale – ce qui est jugé louable ou blâmable. Inévitablement, il tombera dans la contradiction, et ses adversaires prendront le dessus du fait même qu’il en nie l’un ou l’autre.
C’est pourquoi les Qadarites jabrites (2), comprenant que, s’ils concédaient aux Muʿtazilites la moindre parcelle de cet édifice, ceux-ci l’exploiteraient aussitôt contre eux, se sont complètement fermés la porte : ils ont tout nié en bloc, si bien qu’il ne reste, chez eux, ni sagesse, ni causalité, ni amour qui excède la volonté.
Lorsque, de leur côté, les Muʿtazilites ont refusé de rapporter la sagesse à Allah – qu’Il soit exalté –, leurs adversaires ont pris le dessus, mettant à nu leurs contradictions et dévoilant leurs failles.
Les gens de la Sunna, pour leur part, ont adopté la voie moyenne et se sont tenus à égale distance des deux camps : dès lors, personne n’a pu espérer les contredire ni ruiner leur position.
Si tu examines attentivement les arguments des deux parties et les objections que chacune d’elles adresse à l’autre, tu constateras que celui qui suit la voie médiane demeure à l’abri de toutes leurs réfutations et contradictions. Louange à Allah, Seigneur des mondes, Qui guide qui Il veut vers une voie droite.