Et quiconque s’est penché sur les causes (ʿilal) de la Loi, sur ses beautés, sur les intérêts qu’elle réalise et sur la prévention des corruptions, ne peut le faire qu’en posant comme acquis la reconnaissance rationnelle du bien et du mal ; car si la bonté ou la laideur d’un acte ne dépendait que du simple ordre ou interdit divin, la démonstration ne reposerait que sur ces ordres et interdictions eux-mêmes. De même, la validité même du discours sur le qiyâs (1) et sur l’attribution des statuts juridiques aux qualités pertinentes qui les exigent — à l’exclusion des qualités purement concomitantes, sans lien pertinent —, de sorte que l’on fasse des premières la norme du jugement et non des secondes, n’est possible qu’en admettant ce principe (2). Si, en effet, les qualités étaient égales en elles-mêmes, la porte de l’analogie, de la convenance, de la motivation par les sagesses et les intérêts, ainsi que la prise en considération des qualités efficaces au détriment de celles qui ne le sont pas, se trouverait fermée.
Section
À présent que nous sommes parvenus dans cette question à ce point — qui en est l’essentiel et la plus vaste partie —, exposons-en le secret, la finalité et les fondements sur lesquels elle repose, afin que l’utilité en soit complète. Nombre de spécialistes des uṣūl l’ont en effet évoquée à l’état nu, sans dévoiler son ressort intime ni le principe sur lequel elle est établie. Or la question repose sur trois fondements essentiels :
Premier fondement : les actes du Seigneur, exalté soit-Il, et Ses commandements sont-ils motivés par des sagesses et des finalités ? Il s’agit là de l’une des plus nobles questions relatives à l’unicité (3), touchant à la création et à l’ordre, à la Loi révélée et au décret.
Deuxième fondement : ces sagesses visées sont un acte qu’Il accomplit, qu’Il fait subsister