mais qu’il n’y a aucun inconvénient (1) à ce que ce rattachement soit subordonné, puisqu’il est contingent. »
Nous rétorquons : Pourquoi ne vous contentez-vous pas de cette même réponse lorsqu’il s’agit de l’attribut de l’acte, et ne dites-vous pas que le fait qu’il dépende de l’aspect mentionné revient simplement à l’objection visant la conditionnalité du rattachement (2), et non la demande elle-même (3) ? En réalité, le rapport du rattachement à l’aspect de l’acte est identique à celui qu’il entretient avec l’acte lui-même, et le rapport de la demande à cet aspect est parfaitement le même que celui qui la lie à l’acte dans son ensemble. Ainsi, la relation de l’Éternel à l’un des deux contingents est la même que celle qu’Il entretient avec l’autre, et la façon dont Il se rattache à l’un d’eux ne diffère en rien de la façon dont Il se rattache à l’autre. L’argument avancé se trouve donc invalidé.
Il suffit, pour mesurer la corruption d’une telle doctrine, de constater qu’elle implique la possibilité qu’un miracle se manifeste entre les mains d’un menteur sans que cela soit blâmable ; qu’elle permette d’attribuer le mensonge au plus véridique des véridiques sans que cela lui soit reprochable ; qu’elle mette, au regard de la raison, la Trinité sur le même plan que l’unicité, si bien qu’avant la venue de la prophétie la Trinité, le culte des idoles, l’insulte envers l’Être adoré, toute forme de mécréance, la corruption sur terre et, en somme, aucune turpitude ne seraient répréhensibles.
Or, les négateurs acceptent expressément ces conclusions : à leurs yeux, ces actes ne sont pas blâmables par la raison ; seule la révélation en fait des fautes. Avant la promulgation de la Loi, il n’y aurait donc aucune différence entre mentionner Allah, Le louer et L’exalter ou faire le contraire ; aucune différence entre Le remercier selon les moyens du serviteur ou s’en abstenir ; aucune différence entre véracité et mensonge, chasteté et débauche, bienfaisance envers les créatures et malfaisance à leur égard. Pour eux, seule la Loi introduit une distinction arbitraire entre deux réalités absolument semblables sous tous rapports.