Son véritable sens est que l’essence, pour se voir qualifiée par celui-ci (1), n’a pas besoin d’une cause distincte de celle qui fonde son existence ; la cause de son existence est, en réalité, la cause même de ce caractère essentiel (2). Tel est le sens de l’assertion selon laquelle il n’est pas motivé par une cause extérieure à celle de l’essence : la cause de l’essence est sa cause. Ce n’est pas ici le lieu d’approfondir cette question (3).
Le point à retenir est donc que, même si le rattachement est essentiel à la demande et ne s’explique que par la cause propre à la demande, cela n’exclut nullement qu’il dépende d’une condition. Supposons que l’attribut de l’acte ne soit pas la cause de ce rattachement ; qu’est-ce qui empêche qu’il en soit la condition ? Le rattachement de la demande à l’acte serait alors subordonné au fait que cet acte se produise sous l’aspect précité : si cet aspect fait défaut, le rattachement disparaît faute de condition.
Or, ils n’ont jamais entrepris d’infirmer cette possibilité, et vous n’avez aucun moyen de la réfuter.
Troisièmement, votre affirmation : « La demande est éternelle, l’aspect mentionné de l’acte est contingent, et l’éternel ne peut dépendre du contingent », est tout à fait infondée. L’acte requis est contingent et la demande en dépend, car on ne peut concevoir la nature même de la demande sans l’objet demandé. La réponse que vous donnerez pour expliquer la dépendance de la demande vis-à-vis d’un acte contingent sera également la nôtre quand il s’agira de montrer qu’elle dépend de l’aspect contingent de cet acte : cet aspect ne s’y ajoute pas, il en est simplement un attribut.
Si vous rétorquez : « Ici, la dépendance résulte uniquement du rattachement de la demande à l’objet demandé, et non à la demande elle-même… »