Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

comprise ainsi ; ils l’ont donc exposée sous une autre forme qui ne sert strictement à rien (1).

Cela étant, cette objection est viciée à plusieurs égards :

  1. Premier point : que voulez-vous dire lorsque vous affirmez que le rattachement de la demande à l’acte est pour celle-ci un attribut « essentiel » ? Entendez-vous par là que ce rattachement constitue l’essence même de la demande, au même titre que son genre et sa différence spécifique la constituent ? Ou voulez-vous dire qu’il est impossible de concevoir l’essence de la demande sans le rattachement en question ? Ou bien visez-vous encore autre chose ?

    – Si vous retenez la première acception, rappelez-vous que ce rattachement n’est qu’une relation additionnelle, laquelle, selon vous, est de l’ordre du non-être et n’a aucune existence concrète. Comment donc une relation négative pourrait-elle constituer une essence positive, alors même que vous soutenez qu’aucune propriété affirmative ne passe de la demande à son objet, puisqu’il s’agit là du kalâm nafsî (la parole intérieure) et que l’objet de cette parole ne saurait recevoir de qualité existentielle ?

    – Si vous entendez la seconde acception, il ne s’ensuit nullement que la demande dépende d’une considération supplémentaire par rapport à l’acte, laquelle deviendrait une condition préalable de la demande.

    – Et si vous visez une troisième signification, il vous faut la préciser ; et, même une fois précisée, elle ne contredit pas le fait que le rattachement puisse dépendre de la condition déjà mentionnée.

  2. Deuxième point : tout ce que vous avez réellement établi, c’est que le rattachement serait essentiel à la demande et que, par conséquent, l’essentiel ne se justifie pas. Vous avancez cela, en logique, comme une affirmation pure et simple ; vous ne l’avez ni démontré ni expliqué. Vous n’avez pas même précisé ce qu’il faut entendre par le fait qu’un essentiel « n’est pas motivé », si bien que certains imitateurs des logiciens (2) ont imaginé qu’il s’agissait d’affirmer que l’essence se maintient par elle-même, sans intermédiaire. C’est une méprise grossière, qu’aucune personne vraiment consciente de son propos ne saurait défendre,

(1) (T) : « selon une autre version, plus longue mais sans intérêt ». (2) (ṭ) : « des logiciens ».‎
يفهموا تقريرها على هذا الوجه فقرَّروها على وجهٍ آخر لا يفيدُ شيئًا (١). وبعدُ؛ فهي شبهةٌ فاسدةٌ من وجوه: أحدهما: أن يقال: ما تعنُون بأنَّ تعلُّق الطَّلب بالفعل ذاتيٌّ له؟ أتعنُون به أنَّ التَّعلُّق مُقَوِّمٌ لماهية الطَّلب، وأنَّ تقوُّم الماهية به كتقوُّمها بجِنْسها وفَصْلِها؟ أم تعنُون به أنه لا تُعْقَلُ ماهيةُ الطَّلب إلا بالتَّعلُّق المذكور؟ أم أمرًا آخر؟ فإن عنيتم الأوَّل، والتَّعلُّق نسبةٌ إضافية، وهي عَدَمِية عندكم لا وجود لها في الأعيان؛ فكيف تكونُ النِّسبةُ العدمية مُقَوِّمةً للماهية الوجودية، وأنتم تقولون: إنه ليس لمتعلَّق الطَّلب من الطَّلب صفةٌ ثبوتية؛ لأنَّ هذا هو الكلامُ النفسيُّ، وليس لمتعلَّق القول فيه صفةٌ ثبوتية؟! وإن عنيتم الثَّاني؛ فلا يلزمُ من ذلك توقُّف الطَّلب على اعتبارٍ زائدٍ على الفعل يكون ذلك الاعتبارُ شرطًا في الطَّلب. وإن عنيتم أمرًا ثالثًا فلا بدَّ من بيانه، وعلى تقدير بيانه فإنه لا ينافي توقُّفَ التَّعلُّق على الشرط المذكور. الثَّاني: أنَّ غاية ما قرَّرتموه أنَّ التَّعلُّق ذاتيٌّ للطَّلب، والذَّاتيُّ لا يعلَّل، كما ادَّعيتموه في المنطق دعوى مجرَّدة، ولم تقرِّروه، ولم تبيِّنوا ما معنى كونه غيرَ معلَّل، حتى ظنَّ بعض المقلِّدين المنطقيِّين (٢) أنَّ معناه ثبوتية الذَّات لنفسه بغير واسطة. وهذا في غاية الفساد، لا يقولُه من يدري ما يقول،
(١) (ت): «على وجه آخر طوله لا يفيد شيئًا». (٢) (ط): «من المنطقيين».

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