Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

L’exposé de cette argumentation est le suivant : la beauté ou la laideur de l’acte ne saurait avoir d’autre fondement que la demande elle-même. En vérité, l’on n’entend par beauté que le fait que le Législateur en requiert l’accomplissement, et par laideur que le Législateur en requiert l’abstention. Car si l’acte était tenu pour beau ou laid en raison d’un motif étranger à la demande légale, la demande ne porterait plus sur l’acte pour lui-même ; elle dépendrait alors de ce motif, si bien que la demande resterait suspendue à cette considération additionnelle.

Or cela est faux ; car le rattachement n’est qu’un rapport entre la demande et l’acte, et un rapport n’exige que l’existence des deux termes. Dès que l’acte existe, la demande s’y attache, qu’il y ait ou non une considération surajoutée à son essence.

Vous pourriez objecter : certes, la demande ne requiert que l’acte visé et l’agent auquel elle s’adresse (1), mais son rattachement à l’acte dépend tout de même de la considération de beauté ou de laideur qui fonde cette demande.

Nous répondons : la demande est éternelle, tandis que la considération qui fonde beauté ou laideur est contingente ; or, l’éternel ne saurait dépendre du contingent.

La clef de la preuve est que le lien entre la demande et l’acte est essentiel ; il ne peut donc être motivé par un élément extérieur à l’acte, car, s’il en dépendait, il ne serait plus essentiel.

Telle est la formulation de cette objection, bien que nombre de commentateurs du « al-Mukhtaṣar » (2) ne l’aient pas

(1) Variante du manuscrit T : « sauf à propos de l’acte et de l’agent auquel il est demandé ». (2) Ibn al-Hajib, Mukhtasar. Voir : Bayan al-Mukhtasar, vol. 1, p. 303 ; Rafʿ al-Hajib, vol. 1, p. 464 ; Sharh al-ʿAdud, vol. 1, p. 209 ; et al-Babarti (m. 786 H), al-Rudud wa-l-Nuqud, vol. 1, p. 330, cet ouvrage étant le plus proche de l’analyse rapportée par Ibn al-Qayyim.
وتقريرُ هذه الحجَّة: أنَّ حُسْنَ الفعل وقبحَه لا يجوزُ أن يكون لغير نفس الطَّلب، بل لا معنى لحُسْنه إلا كونُه مطلوبًا للشارع إيجادُه، ولا لقُبحه إلا كونُه مطلوبًا له إعدامُه، لأنه لو حَسُنَ وقَبُحَ لمعنًى غير الطَّلب الشرعيِّ لم يكن الطَّلبُ متعلِّقًا بالمطلوب لنفسه، بل كان التعلُّق لأجل ذلك المعنى، فيتوقَّفُ الطَّلبُ على حصول الاعتبار الزَّائد على الفعل. وهذا باطل؛ لأنَّ التعلُّق نسبةٌ بين الطَّلب والفعل، والنسبةُ بين الأمرين لا تتوقَّفُ إلا على حصولهما، فإذا حَصَل الفعلُ تعلَّق الطَّلبُ به، سواءٌ حصل فيه اعتبارٌ زائدٌ على ذاته أو لا. فإن قلتم: الطَّلبُ وإن لم يتوقَّف إلا على الفعل المطلوب والفاعل المطلوب منه (١)، لكنَّ تعلُّقه بالفعل متوقِّفٌ على جهة الحُسْن والقُبح المقتضي لتعلُّق الطَّلب به. قلنا: الطَّلبُ قديم، والجهةُ الموجِبةُ للحُسن والقُبح حادثة، ولا يصحُّ توقُّف القديم على الحادث. وسرُّ الدَّليل: أنَّ تعلُّق الطَّلب بالفعل ذاتيٌّ، فلا يجوز أن يكون معلَّلًا بأمرٍ زائدٍ على الفعل، إذ لو كان تعلُّقه به معلَّلًا لم يكن ذاتيًّا. وهذا وجهُ تقرير هذه الشُّبهة وإن كان كثيرٌ من شُرَّاح «المختصر» (٢) لم
(١) (ت): «إلا على الفعل والفاعل المطلوب منه». (٢) «مختصر ابن الحاجب». انظر: «بيان المختصر» (١/ ٣٠٣)، و «رفع الحاجب» (١/ ٤٦٤)، و «شرح العضد» (١/ ٢٠٩)، و «الردود والنقود» للبابرتي (ت: ٧٨٦) (١/ ٣٣٠) وهو أقربهم تقريرًا لما ذكره ابن القيم.

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