Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

aux serviteurs son obéissance, son exaltation, son respect et sa vénération, ainsi que l’acquittement de ses droits ; Il a fermé toutes les voies menant à Lui pour n’en laisser ouverte aucune hormis la sienne. Il lui a donc ouvert la poitrine, exalté la renommée, ôté le fardeau qui pesait sur lui et fait peser l’humiliation et l’abaissement sur quiconque s’oppose à son ordre. Par lui, Il a guidé ceux qui étaient dans l’égarement, instruit ceux qui vivaient dans l’ignorance, rendu la vue à ceux qui étaient aveugles, orienté ceux qui s’étaient fourvoyés ; Il a, grâce à lui, ouvert des yeux aveugles, des oreilles sourdes et des cœurs scellés.
Il demeura – que la prière et la paix soient sur lui – constamment voué à la mission d’Allah, nul ne pouvant l’en détourner ; il appelait à Allah et rien ne pouvait l’en distraire, jusqu’à ce que, par son message, la terre s’illuminât après ses ténèbres, que les cœurs (1) se rassemblassent après leur dispersion, que son appel se répandît à travers les contrées comme le soleil (2) dans sa course, et que sa religion atteignît tout ce qu’atteignent la nuit et le jour.
Lorsque, par lui, Allah eut parachevé la religion et parfait Sa grâce pour Ses serviteurs croyants, Il le rappela auprès de Lui et le transporta vers le Compagnon Suprême, à la station la plus élevée et la plus sublime, au-delà des plus hauts degrés de Ses jardins. Il quitta ainsi la communauté après l’avoir laissée sur la voie éclatante, dont ne s’écarte que celui qui court à sa perte.
Qu’Allah prie sur lui ainsi que sur sa famille, bonne et purifiée, d’une prière perpétuelle, aussi durable que les cieux et la terre, demeurant pour eux à jamais sans jamais faiblir ni se déplacer.
Ceci dit, lorsque Allah – glorifié soit-Il – fit descendre Adam, père de l’humanité, sur lui la paix, du Paradis, pour des sages desseins que les esprits sont incapables de saisir et que les langues ne sauraient décrire (3), cette descente fut en vérité l’accomplissement même de sa perfection, afin qu’il y retourne dans les plus belles dispositions.

(1) Le mot « bihi » est absent des manuscrits T et Q. (2) Les manuscrits T et Q portent « sayr al-shams » (le mouvement du soleil). (3) L’auteur développe ces points dans Shifa al-‘Alil, p. 661-677.
العباد طاعتَه وتعظيمَه، وتوقيرَه وتبجيلَه، والقيامَ بحقوقه، وسَدَّ إليه جميع الطُّرق فلم يَفْتَح لأحدٍ إلا من طريقه، فشَرَحَ له صدرَه، ورَفَعَ له ذِكْرَه، ووَضَع عنه وِزْرَه، وجعَل الذِّلَّة والصَّغار على من خالف أمرَه، هدى به من الضلالة، وعلَّم به من الجهالة، وبصَّر به من العمى، وأرشدَ به من الغَيِّ، وفتحَ به أعينًا عميًا، وآذانًا صُمًّا، وقلوبًا غُلْفًا. فلم يزل ﷺ قائمًا بأمر الله لا يردُّه عنه رادٌّ، داعيًا إلى الله لا يصدُّه عنه صادٌّ، إلى أن أشرقت برسالته الأرضُ بعد ظلماتها، وتألَّفت به (١) القلوبُ بعد شَتاتها، وسارت دعوتُه مسيرَ الشمس (٢) في الأقطار، وبلغ دينُه ما بلغ الليلُ والنَّهار. فلمَّا أكمل الله به الدِّين، وأتمَّ به النعمة على عباده المؤمنين، استأثر به، ونَقَلَه إلى الرفيق الأعلى من كرامته، والمحلِّ الأرفع الأسنى من أعلى جنَّاته، ففارَق الأمةَ وقد تركها على المحجَّة البيضاء، التي لا يزيغُ عنها إلا من كان من الهالكين. فصلى الله عليه وعلى آله الطَّيبين الطَّاهرين، صلاةً دائمةً بدوام السَّماوات والأرضين، مقيمةً عليهم أبدًا لا ترومُ انتقالًا عنهم ولا تحويلا. أمَّا بعد؛ فإنَّ الله سبحانه لما أهبطَ آدمَ أبا البشر ــ ﵇ ــ من الجنة؛ لِمَا له في ذلك من الحِكَم التي تعجزُ العقولُ عن معرفتها، والألسنُ عن صفتها (٣)، فكان إهباطُه منها عَيْنَ كماله، ليعود إليها على أحسن أحواله؛
(١) "به" ساقطة من (ت، ق). (٢) (ت، ق): "سير الشمس". (٣) بسط المصنف القول في هذه الحكم في "شفاء العليل" (٦٦١ - ٦٧٧).

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