Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

l’échéance de l’acte (1), puis ils se divisèrent en deux groupes :

• Les tenants de la négation de l’appréciation rationnelle du bien et du mal ramenèrent la question à leur principe de base.

• Les partisans de cette appréciation répliquèrent que l’intérêt (maṣlaḥa) découle certes de l’acte, mais qu’il peut tout autant naître de la résolution de l’accomplir et de la disposition intérieure à obéir. L’intérêt recherché peut donc résider dans la ferme intention et la préparation de l’âme, non dans l’exécution matérielle de l’acte. Ainsi, lorsqu’un responsable légal reçoit un ordre, prend la ferme résolution de s’y conformer, s’y prépare et dispose son âme à l’obéissance, l’intérêt voulu est atteint ; dès lors, rien n’empêche l’abrogation de l’acte même s’il ne l’a pas encore exécuté, puisqu’il n’y trouve plus de bénéfice.

Tel fut, par exemple, le commandement adressé à Abraham, l’Ami intime, de sacrifier son fils : l’intérêt ne résidait pas dans l’immolation elle-même, mais dans la soumission du père et du fils à l’ordre divin, dans leur résolution et leur préparation à l’accomplir. Une fois cet intérêt réalisé, le sacrifice n’eût été pour eux qu’une source de préjudice ; Allah l’abrogea donc et l’écarta.

Voilà la réponse véritable et satisfaisante sur la question ; elle dévoile la sagesse éblouissante qui se manifeste tantôt dans la confirmation des jugements qu’Allah a établis, tantôt dans l’abrogation de certains après leur mise en œuvre ou même avant leur réalisation. Elle atteste qu’Il possède en tout cela une sagesse insondable qui prouve qu’Il est le Plus Sage des juges, le Subtil, le Parfaitement Informé, dont la sagesse confond les intellects. Béni soit Allah, Seigneur des mondes.

• Parmi les arguments avancés également par les négateurs, figure encore celui-ci : si l’acte est jugé bon ou mauvais pour une raison autre que la demande divine, cette demande ne se rapporterait plus à l’acte pour lui-même, puisqu’elle dépendrait alors d’un facteur additionnel.

(1) Voir : al-Burhan, t. 2, p. 1303 ; al-Mustasfa, t. 1, p. 215 ; Qawaatiʿ al-Adilla, t. 3, p. 110 ; al-Funun, t. 1, p. 199, ainsi que d’autres ouvrages.
حضور وقت الفعل (١)، ثمَّ انقسموا قسمين: فنُفاة التَّحسين والتقبيح بنَوه على أصلهم. ومُثْبِتُو التَّحسين والتقبيح أجابوا عن ذلك بأنَّ المصلحة كما تنشأ من الفعل فإنها أيضًا قد تنشأ من العزم عليه وتوطين النَّفس على الامتثال، وتكونُ المصلحةُ المطلوبةُ هي العزمَ وتوطينَ النَّفس، لا إيقاعَ الفعل في الخارج، فإذا أُمِرَ المكلَّفُ بأمرٍ، فعَزم عليه وتهيَّأ له ووطَّن نفسَه على امتثاله، فحصلت المصلحةُ المرادةُ منه= لم يمتنع نسخُ الفعل وإن لم يوقِعْه؛ لأنه لا مصلحة له فيه. وهذا كأمر إبراهيمَ الخليل بذبح ولده؛ فإنَّ المصلحة لم تكن في ذبحه، وإنما كانت في استسلام الوالد والولد لأمر الله، وعَزْمِهما عليه، وتوطينهما أنفسَهما على امتثاله، فلما حصلت هذه المصلحةُ بقي الذَّبحُ مفسدةً في حقِّهما، فنسخَه الله ورفعه. وهذا هو الجوابُ الحقُّ الشافي في المسألة، وبه تتبيَّنُ الحكمةُ الباهرةُ في إثبات ما أثبته الله من الأحكام، ونَسْخ ما نسَخه منها بعد وقوعه ونَسْخ ما نسَخ منها قبل إيقاعه، وأنَّ له في ذلك كلِّه من الحِكَم البالغة ما تشهدُ له بأنه أحكمُ الحاكمين، وأنه اللطيفُ الخبير، الذي بهرت حكمتُه العقول، فتبارك الله ربُّ العالمين. * ومما احتجَّ به النُّفاة أيضًا: أنه لو حَسُنَ الفعلُ أو قَبُحَ لغير الطَّلب لم يكن تعلُّق الطَّلب لنفسه؛ لتوقُّفه على أمرٍ زائد.
(١) انظر: «البرهان» (٢/ ١٣٠٣)، و «المستصفى» (١/ ٢١٥)، و «قواطع الأدلة» (٣/ ١١٠)، و «الفنون» (١/ ١٩٩)، وغيرها.

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