Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Ils dirent : « Cette objection ne nous atteint pas, car nous interdisons (1) tout pardon après la mission lorsque le Seigneur a menacé d’un châtiment pour l’acte ; en effet, ce châtiment est devenu obligatoire par Sa parole et mérité du fait de l’accomplissement de l’acte blâmable. Or – exalté soit-Il – aucune menace n’avait été formulée avant la mission ; le pardon n’est donc pas répréhensible, puisqu’il n’impliquerait aucun démenti d’une parole divine. Tout au plus s’agirait-il pour Allah de renoncer à un droit qui Lui était acquis avant la mission, et cela est recevable.

La juste clarification est la suivante : la cause du châtiment existe bel et bien avant l’envoi des messagers, mais de l’existence de la cause ne découle pas nécessairement la réalisation du châtiment, car Allah a posé à cette cause une condition : la mission des envoyés. L’absence de châtiment avant leur venue tient donc à l’absence de cette condition, non à l’inexistence de la cause et de ce qu’elle exige.

Telle est la parole décisive sur cette question ; elle dissipe toute difficulté, chasse le nuage et laisse paraître l’aube radieuse. Allah est Celui qui accorde l’exactitude.

• Certains ont encore objecté : « Si l’acte était bon par lui-même, il serait impossible au Législateur d’en prononcer l’abrogation avant que le responsable ne l’ait accompli ou n’en ait eu la possibilité ; car, étant intrinsèquement bon, il est source d’un intérêt prépondérant. Comment donc pourrait-il être abrogé alors que cet intérêt n’a pas encore été réalisé ? »

Les muʿtazilites ont accepté cette conclusion et ont nié la possibilité d’une abrogation avant le moment de l’acte (2). La majorité de la communauté les a contredits sur ce principe et a admis la possibilité d’une abrogation avant

(1) Les manuscrits T et Q lisent « yamnaʿu » (« il empêche »). (2) Voir : Abou l-Husayn al-Basri, al-Muʿtamad, t. 1, p. 407 ; Ibn al-Murtada, Minhaj al-wusul ila miʿyar al-ʿuqul, p. 440 ; Majmuʿ al-Fatawa, t. 14, p. 146 et t. 17, p. 198 ; al-Asfahaniyya, p. 705.
قالوا: ولا يَرِدُ هذا علينا حيث نَمْنَعُ (١) العفوَ بعد البعثة إذا أوعَد الربُّ على الفعل؛ لأنَّ العذابَ قد صار واجبًا بخبره، ومستَحقًّا بارتكاب القبيح، وهو سبحانه لم يحصُل منه إيعادٌ قبل البعثة، فلا يقبُح العفو؛ لأنه لا يستلزم خُلْفًا في الخبر، وإنما غايتُه تركُ حقٍّ له قد وجب قبل البعثة، وهذا حسن. والتحقيقُ في هذا أنَّ سببَ العقاب قائمٌ قبل البعثة، ولكن لا يلزمُ من وجود سبب العذاب حصولُه؛ لأنَّ هذا السَّببَ قد نَصَبَ اللهُ له شرطًا وهو بعثةُ الرُّسل، وانتفاءُ التَّعذيب قبل البعثة هو لانتفاء شرطه، لا لعدم سببه ومقتضِيه. وهذا فصلُ الخطاب في هذا المقام، وبه يزولُ كلُّ إشكالٍ في المسألة وينقشعُ غَيْمُها ويُسْفِرُ صُبْحُها، والله الموفق للصَّواب. * واحتجَّ بعضهم أيضًا بأن قال: لو كان الفعلُ حسنًا لذاته لامتنع من الشارع نسخُه قبل إيقاع المكلَّف له وقبل تمكُّنه منه؛ لأنه إذا كان حسنًا لذاته فهو مَنْشَأٌ للمصلحة الراجحة، فكيف يُنْسَخُ ولم تحصُل منه تلك المصلحة؟! وأجاب المعتزلةُ عن هذا بالتزامه، ومَنَعوا النَّسخَ قبل وقت الفعل (٢)، ونازعهم جمهورُ هذه الأمَّة في هذا الأصل، وجوَّزوا وقوع النَّسخ قبل
(١) (ت، ق): «يمنع». (٢) انظر: «المعتمد» لأبي الحسين البصري (١/ ٤٠٧)، و «منهاج الوصول إلى معيار العقول» لابن المرتضى (٤٤٠)، و «مجموع الفتاوى» (١٤/ ١٤٦، ١٧/ ١٩٨)، و «الأصفهانية» (٧٠٥).

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