Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Quant à la première hypothèse, elle suppose de privilégier sans facteur déterminant.
Quant à la seconde, elle revient à faire prévaloir ce qui est en réalité écarté ; c’est manifestement contraire à la raison évidente : elle ne saurait donc tenir qu’en présence d’un déterminant parfait, auquel cas il n’y aurait plus de choix.
La réponse que vous avancez pour vous soustraire à l’objection mentionnée n’est autre que celle que vous devriez apporter à votre propre argument fallacieux (1).
Cinquièmement : cette objection viciée entraîne nécessairement l’une des deux conséquences suivantes : soit un privilège accordé sans déterminant, soit la négation du libre choix chez le Créateur, exalté soit-Il, comme vous l’avez énoncé. Or l’une comme l’autre est fausse.
Sixièmement : elle implique qu’il n’existe dans la réalité aucun agent puissant et libre si ce n’est celui qui fait prévaloir l’un de deux équivalents sur l’autre sans motif décisif, tandis que celui qui tranche entre deux possibles à l’aide d’un déterminant ne serait plus un être de libre choix. Il s’agit là d’une absurdité manifeste ; en vérité, un agent puissant et libre ne privilégie jamais l’une de ses deux possibilités qu’en vertu d’un déterminant (2), ce qui est connu d’une évidence intuitive.

Les négateurs invoquent encore la parole du Très-Haut : « Nous n’avons jamais châtié [un peuple] avant d’avoir envoyé un messager » (Al-Isrâʾ, 15). Leur raisonnement est le suivant : le verset nie tout châtiment avant la mission des messagers. Or, si la beauté ou la laideur d’un acte était, selon vous, établie par la raison avant la Loi révélée, celui qui commettrait l’acte blâmable ou délaisserait l’acte louable aurait accompli un interdit et négligé un devoir ; car, d’après vous, la laideur rationnelle implique son interdiction rationnelle, et la beauté rationnelle implique son obligation rationnelle. Ainsi, lorsqu’il commet l’illicite et néglige l’obligatoire, il mériterait le châtiment selon votre position, alors que le Coran affirme explicitement qu’Allah ne châtie personne avant l’envoi des messagers.

(1) Le manuscrit T lit : « istalzamtum bi-hā » (« vous en avez déduit [cela] »). (2) Les manuscrits Q, D et T portent : « ʿalā l-ākhari, lā l-marjuh » (« concernant l’autre, et non la version prépondérante »), la leçon retenue étant celle du manuscrit Ṭ.
أمَّا الأوَّل؛ فلاستلزامه التَّرجيحَ بلا مرجِّح. وأمَّا الثَّاني؛ فلاستلزامه ترجيحَ المرجوح؛ وهو باطلٌ بصريح العقل، فلا يثبتُ إلا مع المرجِّح التَّامِّ، وحينئذٍ فيلزم عدمُ الاختيار. وما تجيبون به عن الإلزام المذكور هو جوابكم بعينه عن شبهتكم التي استدللتُم بها (١). الخامس: أنَّ هذه الشبهة الفاسدة مستلزمةٌ لأحد الأمرين ولا بدَّ: إمَّا التَّرجيح بلا مرجِّح، وإمَّا أن لا يكونَ الباري تعالى مختارًا كما قررتم. وكلاهما باطل. السَّادس: أنها تقتضي أن لا يكونَ في الوجود قادرٌ مختارٌ إلا من يرجِّحُ أحدَ المتساويين على الآخر بلا مرجِّح، وأمَّا من رجَّح أحدَ الجائزين بمرجِّحٍ فلا يكونُ مختارًا. وهذا مِنْ أبطل الباطل، بل القادرُ المختارُ لا يرجِّحُ أحدَ مقدُورَيْه على الآخر إلا بمرجِّح (٢)، وهو معلومٌ بالضرورة. * واحتجَّ النُّفاة أيضًا بقوله تعالى: ﴿وَمَا كُنَّا مُعَذِّبِينَ حَتَّى نَبْعَثَ رَسُولًا﴾ [الإسراء: ١٥]؛ ووجهُ الاحتجاج بالآية أنه سبحانه نفى التَّعذيبَ قبل بعثة الرُّسل، فلو كان حُسْنُ الفعل وقبحُه ثابتًا له قبل الشَّرع لكان مرتكبُ القبيح وتاركُ الحسن فاعلًا للحرام وتاركًا للواجب؛ لأنَّ قبحَه عقلًا يقتضي تحريمَه عقلًا عندكم، وحُسْنَه عقلًا يقتضي وجوبَه عقلًا، فإذا فَعَل المحرَّم وتَرك الواجبَ استحقَّ العذابَ عندكم، والقرآنُ نصٌّ صريحٌ أنَّ الله لا يعذِّبُ بدون بعثة الرُّسل.
(١) (ت): «استلزمتم بها». (٢) (ق، د، ت): «على الآخر لا المرجح». والمثبت من (ط).

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