les deux situations est lié à Son choix et à Sa volonté, car Il est le Sage dans Sa création comme dans Son ordre. Ainsi, lorsqu’Il sait qu’un acte renferme un intérêt prépondérant, Il le prescrit, l’aime et en fait une obligation ; et lorsqu’Il y décèle un préjudice dominant, Il le réprouve, le hait et le déclare illicite.
Tel est le principe dans Sa Législation.
Il en va de même dans Sa Création : Il n’a rien fait exister sans qu’y prédomine l’utilité et que Sa sagesse y soit manifeste. Le fait qu’une chose contienne l’intérêt et la sagesse pour lesquels Il l’a créée ne contredit nullement Son choix ; au contraire, Il ne s’attache à un acte qu’en raison de l’utilité et de la sagesse qu’il comporte, et Il s’abstient de tout ce qui contrevient à Sa sagesse.
Par conséquent, le lien du jugement avec ce qui prévaut n’implique nullement que ce jugement cesse d’être volontaire ; en effet, Celui qui choisit – et Il est le plus Sage des juges – ne choisit que ce qui est conforme à la sagesse et à l’intérêt.
Troisièmement : l’assertion « si le jugement doit nécessairement se rapporter à ce qui prévaut, il n’est plus le fruit d’un choix » (1) est une simple confusion. Car c’est précisément par Son choix et Sa volonté qu’Il a rattaché le jugement au facteur prépondérant ; et Son choix, comme Sa volonté, exigent que ce rattachement soit nécessaire. Comment prétendre dès lors qu’Il n’agit pas par choix, alors que c’est Son choix même qui a rendu inéluctable l’adéquation du jugement avec ce qui prévaut ?
Quatrièmement : l’attachement de Son jugement à l’acte ordonné ou interdit se présente de trois manières : soit l’acte est possible aussi bien dans l’existence que dans l’inexistence ; soit son existence est prépondérante ; soit son inexistence est prépondérante.
S’il est indifférent entre l’être et le non-être, aucun des deux ne se trouvera privilégié sans un facteur déterminant ; et s’il est prépondérant, l’attachement devient nécessaire, car il est impossible que le jugement s’établisse en situation d’égalité ou d’infériorité.