Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

les deux situations est lié à Son choix et à Sa volonté, car Il est le Sage dans Sa création comme dans Son ordre. Ainsi, lorsqu’Il sait qu’un acte renferme un intérêt prépondérant, Il le prescrit, l’aime et en fait une obligation ; et lorsqu’Il y décèle un préjudice dominant, Il le réprouve, le hait et le déclare illicite.

Tel est le principe dans Sa Législation.

Il en va de même dans Sa Création : Il n’a rien fait exister sans qu’y prédomine l’utilité et que Sa sagesse y soit manifeste. Le fait qu’une chose contienne l’intérêt et la sagesse pour lesquels Il l’a créée ne contredit nullement Son choix ; au contraire, Il ne s’attache à un acte qu’en raison de l’utilité et de la sagesse qu’il comporte, et Il s’abstient de tout ce qui contrevient à Sa sagesse.

Par conséquent, le lien du jugement avec ce qui prévaut n’implique nullement que ce jugement cesse d’être volontaire ; en effet, Celui qui choisit – et Il est le plus Sage des juges – ne choisit que ce qui est conforme à la sagesse et à l’intérêt.

Troisièmement : l’assertion « si le jugement doit nécessairement se rapporter à ce qui prévaut, il n’est plus le fruit d’un choix » (1) est une simple confusion. Car c’est précisément par Son choix et Sa volonté qu’Il a rattaché le jugement au facteur prépondérant ; et Son choix, comme Sa volonté, exigent que ce rattachement soit nécessaire. Comment prétendre dès lors qu’Il n’agit pas par choix, alors que c’est Son choix même qui a rendu inéluctable l’adéquation du jugement avec ce qui prévaut ?

Quatrièmement : l’attachement de Son jugement à l’acte ordonné ou interdit se présente de trois manières : soit l’acte est possible aussi bien dans l’existence que dans l’inexistence ; soit son existence est prépondérante ; soit son inexistence est prépondérante.

S’il est indifférent entre l’être et le non-être, aucun des deux ne se trouvera privilégié sans un facteur déterminant ; et s’il est prépondérant, l’attachement devient nécessaire, car il est impossible que le jugement s’établisse en situation d’égalité ou d’infériorité.

(1) L’auteur a rapporté cette opinion quant au sens ; elle a déjà été exposée sous une autre formulation.
الموضعين متعلِّقًا باختياره تعالى وإرادته، فإنه الحكيمُ في خلقه وأمره؛ فإذا عَلِم في الفعل مصلحةً راجحةً شرعه وأحبَّه وفرضه، وإذا عَلِم فيه مفسدةً راجحةً كَرِهه وأبغضه وحرَّمه. هذا في شرعه. وكذلك في خلقه؛ لم يفعل شيئًا إلا ومصلحتُه راجحةٌ وحكمتُه ظاهرة، واشتمالُه على المصلحة والحكمة التي فَعَله لأجلها لا ينافي اختيارَه، بل لا يتعلَّق بالفعل إلا لما فيه من المصلحة والحكمة، وكذلك تركُه لما فيه من خلاف حكمته. فلا يلزمُ من تعلُّق الحكم بالراجح أن لا يكون الحكمُ اختياريًّا؛ فإنَّ المختار الذي هو أحكمُ الحاكمين لا يختار إلا ما يكونُ على وَفْقِ الحكمة والمصلحة. الثَّالث: أنَّ قوله: «إذا لَزِم تعلُّق الحكم بالراجح لم يكن مختارًا» (١) تلبيسٌ؛ فإنه إنما تعلَّق بالراجح باختياره وإرادته، واختيارُه وإرادتُه اقتضت تعلُّقه بالراجح على وجه اللزوم، فكيف لا يكونُ مختارًا واختيارُه استلزم تعلُّق الحكم بالراجح؟! الرابع: أنَّ تعلُّق حكمه تعالى بالفعل المأمور به أو المنهيِّ عنه: إمَّا أن يكون جائزَ الوجود والعدم، أو راجحَ الوجود، أو راجحَ العدم. فإن كان جائزَ الطَّرفين لم يترجَّح أحدُهما إلا بمرجِّح، وإن كان راجحًا فالتَّعلُّق لازم؛ لأنَّ الحكمَ يمتنعُ ثبوتُه مع المساواة ومع المرجوحية.
(١) حكى المصنف القول بالمعنى، وقد تقدَّم بلفظٍ آخر.

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