Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

manifestement absurde pour la raison claire ; il faut donc, par nécessité, retenir la première hypothèse. Ainsi, puisque le rattachement du jugement à ce qui prévaut s’impose de façon incontournable, il s’ensuit que le Créateur ne disposerait plus d’aucun choix dans Son jugement (1).

Réfléchis un instant à cette pseudo-objection : vois combien elle est corrompue, combien sa nullité est éclatante ! Il est vraiment étonnant qu’un homme s’estime assez pour se satisfaire d’un tel argument !

Il te suffit, pour mesurer la vacuité d’une preuve dont la teneur revient à dire que Dieu — exalté soit-Il — n’a pas institué la prosternation devant Lui, ni l’exaltation de Sa grandeur et la gratitude envers Lui, et qu’Il n’a pas interdit la prosternation et l’exaltation adressées à une idole pour la beauté du premier acte et la laideur du second, mais qu’Il l’aurait fait alors même que les deux seraient équivalents — ce qui reviendrait à distinguer entre deux choses identiques !

Quel exposé pourrait être plus clair que celui-ci pour révéler la fausseté de cette sophistique ?

Deuxièmement (2) : on dira que votre raisonnement conduit à faire de tous Ses actes (3) des actes impliquant une préférence sans facteur de préférence. Car si l’un de Ses actes était privilégié par un facteur déterminant, il s’ensuivrait, selon votre propre logique, l’absence de choix pour une autre raison que celle que vous avancez (4), puisque le jugement suit nécessairement le facteur prépondérant.

S’ils objectent : « L’obligation et la suppression du choix n’en découlent pas, car le facteur prépondérant, c’est précisément la volonté et le choix »,

nous répondrons : Pourquoi donc ne vous êtes-vous pas satisfaits de cette même réponse de notre part en disant : puisque le choix du Très-Haut se rattache à l’acte en raison de l’intérêt qui motive Son accomplissement et Son instauration, et puisque Son interdiction se rattache à l’acte en raison du préjudice qui motive Son interdiction et la défense de l’accomplir, le jugement reposant sur ce qui prévaut dans

(1) Voir : Bayân al-Mukhtaṣar, d’al-Isfahânî, vol. 1, p. 303. (2) Il s’agit du deuxième volet de la réfutation de cette pseudo-objection ; le premier consistait à en exposer la teneur fallacieuse. (3) Le manuscrit noté (T) indique : « que Ses actes ». (4) L’édition signalée par (Ṭ) mentionne : « précisément ce que vous avez énoncé ».
باطلٌ بصريح العقل، فتعيَّن الأوَّلُ ضرورةً؛ فإذا كان تعلُّق الحكم بالراجحِ لازمًا ضرورةً لم يكن الباري مختارًا في حكمه (١). فتأمَّل هذه الشبهة ما أفسدَها وأبينَ بطلانها!، والعجبُ ممَّن يرضى لنفسه أن يحتجَّ بمثلها! وحَسْبك فسادًا لحجَّةٍ مضمونها أنَّ الله تعالى لم يَشْرَع السُّجود له وتعظيمَه وشكره، ويحرِّم السُّجودَ للصَّنم وتعظيمَه، لحُسْن هذا وقُبْح هذا، [بل] مع استوائهما، تفريقًا بين المتماثلين! فأيُّ برهانٍ أوضحُ من هذا على فساد هذه الشُّبهة الباطلة؟! الثَّاني (٢): أن يقال: هذا يوجبُ أن تكون أفعالُه (٣) كلُّها مستلزمةً للتَّرجيح بغير مرجِّح، إذ لو ترجَّح الفعلُ منها بمرجِّحٍ لَزِم عدمُ الاختيار بغير ما ذكرتم (٤)، إذ الحكمُ بالمرجِّح لازم. فإن قيل: لا يلزمُ الاضطرار وتركُ الاختيار؛ لأنَّ المرجِّح هو الإرادة والاختيار. قيلَ: فهلَّا قَنِعتم بهذا الجواب منَّا وقلتم: إذا كان اختيارُه تعالى متعلِّقًا بالفعل لِمَا فيه من المصلحة الدَّاعية إلى فعله وشرعه، وتحريمُه له لِمَا فيه من المفسدة الدَّاعية إلى تحريمه والمنع منه؛ فكان الحكمُ بالراجح في
(١) انظر: «بيان المختصر» للأصفهاني (١/ ٣٠٣). (٢) أي الوجه الثاني في ردِّ هذه الشبهة. والأول هو تصوُّر مضمونها الفاسد. (٣) (ت): «أن أفعاله». (٤) (ط): «بعين ما ذكرتم».

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