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Voici donc les arguments les plus solides des négateurs ; eux-mêmes reconnaissent que les autres sont encore plus faibles, si bien qu’il n’est nul besoin de les rapporter ni d’en dévoiler la fausseté.
À présent, l’aube s’est levée pour quiconque possède deux yeux, et la question se présente à toi, drapée dans les atours de ses preuves authentiques et de ses démonstrations droites. Ne détourne donc pas le regard clairvoyant de cette question, car son importance est considérable et son enjeu, immense.
- Certains ont cependant avancé une preuve plus viciée encore que tout ce qui précède. Ils ont dit : « Si l’acte est beau ou laid en lui-même ou en raison de l’une de ses qualités, alors le Créateur — exalté soit-Il — n’aurait aucun choix dans Son jugement ; car juger en faveur de ce qui est moins prépondérant contredit la raison, il faut donc retenir l’option contraire ; il n’y a donc plus de choix. » (1)
Pour exposer cet argument, il convient, premièrement, d’expliquer la liaison qu’ils prétendent nécessaire, puis, deuxièmement, de montrer que la conséquence qu’ils en tirent ne s’ensuit pas.
Quant au premier point, l’explication de cette liaison : si l’acte était beau en soi ou par l’une de ses qualités, il primerait la laideur, de sorte qu’il appellerait l’obligation ou la recommandation ; et s’il était laid en soi ou par l’une de ses qualités, il primerait la beauté, de sorte qu’il appellerait l’interdiction ou la réprobation (2).
Dès lors, le jugement se rapportera soit à ce qui est prépondérant et le requiert, soit à ce qui est moins fondé et requiert son contraire (3). La seconde hypothèse est à coup sûr inadmissible, car elle impliquerait de privilégier ce qui est moins fondé, ce qui est