du vin demain », ou encore : « Par Allah, je volerai assurément cette tunique demain », et d’autres expressions semblables.
Si vous visez la deuxième hypothèse, elle est certes fondée, mais nous ne reconnaissons pas pour autant que la conséquence s’en trouve levée.
Et si vous entendez la troisième, nous rejetons également l’implication dans le premier cas, ainsi que l’absence de la conséquence dans le second. Tout cela est parfaitement clair.
Cinquième point – Ils objectent : « Le meurtre et les coups sont louables lorsqu’ils constituent une peine légale ou le talion, et blâmables dans tout autre contexte ; si le jugement était intrinsèque, les deux contraires se réuniraient. » Un tel propos est d’une extrême corruption ; en effet, tuer ou frapper relève d’une même espèce : ce qui en est blâmable, c’est l’injustice et l’agression, tandis que ce qui en est louable, c’est la rétribution d’une faute, que ce soit une peine légale ou le talion. La beauté et la laideur ne se rapportent donc pas à un même acte individuel.
Il en va de même de la prosternation : elle atteint le comble de la beauté lorsqu’elle est un acte d’adoration et d’humilité envers l’Unique adoré, et le comble de la laideur lorsqu’elle est adressée à un autre que Lui.
Et quand bien même nous concéderions qu’un même acte individuel de meurtre ou de coups, dès lors qu’il relève d’une peine légale ou du talion, puisse être à la fois beau et laid, cela ne serait nullement impossible, car on l’envisage sous deux angles distincts : il est beau en raison de la dissuasion, de l’exemplarité et de la sanction infligée à celui qui la mérite, et il est laid si l’on se place du point de vue de la personne tuée ou frappée – laid pour elle, mais beau en soi. De même, il est détesté et honni par la victime, tandis qu’il est aimé et agréé par l’exécuteur et par celui qui l’a ordonné. Où serait donc l’impossibilité ?
Il apparaît ainsi que cet argument est infondé ; Allah sait mieux.