Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

au regard de la compréhension qu’elle suscite et non de sa finalité (1).

Deuxième voie. – Le fait que le caractère blâmable se détache parfois du mensonge parce qu’une condition fait défaut ou qu’un empêchement, porteur d’un intérêt prépondérant sur la véracité, survient, ne l’empêche nullement d’être laid en lui-même ; la démonstration (2) en a déjà été exposée.

Nous avons montré que Dieu, exalté soit-Il, a interdit la bête morte, le sang et la chair du porc en raison du préjudice qu’entraîne leur ingestion ; ce préjudice provient de l’essence même de ces interdits. Que l’interdiction soit suspendue en cas de nécessité n’implique nullement que leur nature [ne soit pas] (3) toujours génératrice du mal pour lequel ils furent prohibés ; il en va de même du mensonge qui assure le salut d’un Prophète ou d’un musulman.

Quatrième point. – Ils objectent : « Si le blâmable était intrinsèque, les deux contraires se réuniraient dans la véracité de celui qui dit : “Je mentirai demain”, et dans son mensonge… », et ainsi de suite.

Réponse : à quel moment les deux contraires peuvent-ils se rencontrer ? Lorsque le beau et le laid sont envisagés sous un même aspect, lorsqu’ils le sont sous deux aspects différents, ou d’une manière plus générale ?

Si vous entendez le premier cas, nous l’admettons, mais nous ne concédons pas la conséquence que vous en tirez : de la réunion du beau et du laid dans l’exemple cité, il ne s’ensuit pas qu’ils procèdent d’un seul et même point de vue. Leur coexistence se comprend par deux considérations distinctes, parfaitement séparées, ce qui n’a rien d’impossible. Car, en tant que mensonge, l’énoncé est blâmable par essence, tandis qu’il est louable en tant qu’il renferme la véracité du propos initial. On peut le comparer à quelqu’un qui jure : « Par Allah, je boirai assurément… »

(1) C’est-à-dire al-qasd (l’intention). Les manuscrits de base donnent «al-ʿinaya», lecture fautive. (2) Le manuscrit Q porte «wa taqdîruhu» ; le manuscrit T, «wa taqdîr». (3) Addition indispensable tirée du manuscrit Ṭ.
الإفهام لا إلى الغاية (١). الطريق الثَّاني: أنَّ تخلُّف القُبح عن الكذب لفوات شرطٍ أو قيام مانعٍ يقتضي مصلحةً راجحةً على الصِّدق لا تخرجُه عن كونه قبيحًا لذاته، وتقريرُه (٢) ما تقدَّم. وقد تقدَّم أنَّ الله سبحانه حرَّم الميتةَ والدَّمَ ولحمَ الخنزير للمفسدة التي في تناولها، وهي ناشئةٌ من ذوات هذه المحرَّمات، وتخلُّفُ التَّحريم عنها عند الضرورة لا يوجبُ أن تكون ذاتُها [غيرَ] (٣) مقتضيةٍ للمفسدة التي حرِّمت لأجلها؛ فهكذا الكذبُ المتضمِّنُ نجاةَ نبيٍّ أو مسلم. الوجه الرابع: قوله: «لو كان ذاتيًّا لاجتمع النقيضان في صِدْق من قال: «لأكذبنَّ غدًا» وكذبِه ... » إلى آخره. جوابه: أنه متى يجتمعُ النقيضان: إذا كان الحُسْن والقُبح باعتبارٍ واحدٍ من جهةٍ واحدة، أو إذا كانا باعتبارين من جهتين، أو أعمَّ من ذلك؟ فإن عنيتُم الأوَّل فمسلَّم، ولكن لا نسلِّمُ الملازمة؛ فإنه لا يلزمُ من اجتماع الحُسْن والقُبح في الصُّورة المذكورة أن يكون لجهةٍ واحدةٍ واعتبارٍ واحد؛ فإنَّ اجتماع الحُسْن والقُبح فيهما باعتبارين مختلفين من جهتين متباينتَيْن، وهذا ليس بممتنع؛ فإنه إذا كان كذبًا كان قبيحًا بالنَّظر إلى ذاته، وحسنًا بالنَّظر إلى تضمُّنه صِدْق الخبر الأوَّل. ونظيره أن يقول: والله لأشربنَّ
(١) أي: القصد. وفي الأصول: «العناية». وهو تحريف. (٢) (ق): «وتقديره». (ت): «وتقدير». (٣) زيادة لازمة من (ط).

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