Par la grâce d’Allah, le Très-Généreux, (1) une réponse s’est désormais offerte à nous. Disons donc : la parole possède deux rapports ; l’un renvoie au locuteur, à son intention et à sa volonté, l’autre à l’auditeur et au fait que le locuteur lui fasse saisir (2) la teneur de ses propos.
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Si le locuteur énonce une information conforme à la réalité et qu’il entend faire comprendre cette réalité à son interlocuteur, la parole est véridique sous les deux rapports : vouloir la réalité et vouloir la faire saisir est vérité de part et d’autre.
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S’il vise quelque chose qui contredit la réalité et, dans le même temps, veut que l’interlocuteur saisisse un sens différent (3) — un troisième sens qui n’est ni la réalité ni ce qu’il vise lui-même — sa parole est mensonge sous les deux rapports.
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Enfin, s’il vise un sens exact, conforme aux faits, mais cherche néanmoins à brouiller son interlocuteur et à lui faire comprendre autre chose que ce qu’il vise, la parole est véridique du point de vue de son intention et mensongère du point de vue de la compréhension induite. C’est dans cette catégorie que s’inscrivent la tawriya et les maʿârîḍ ; (4) c’est pour cette raison qu’Abraham, l’Ami intime, sur lui la paix, les qualifia de « mensonges », alors même qu’il ne prononça rien d’autre que la vérité. (5)
Réfléchis donc à ce point qui a dérouté bien des gens.
Il apparaît ainsi que le mensonge n’est jamais, en soi, qu’un acte blâmable, tandis que ce qui est louable — voire requis —, c’est la tawriya, laquelle demeure une parole véridique, même si l’on peut, sous un certain rapport, la qualifier de mensonge