en est l’origine, et cela n’implique aucune variation (1), comme l’attestent les exemples déjà évoqués.
Troisièmement : il se peut qu’une même essence engendre deux effets opposés sous l’empire de deux conditions contraires (2). Ainsi, elle peut entraîner le refroidissement en un lieu précis et sous une condition déterminée, puis provoquer le réchauffement en un autre lieu et sous une autre condition. De même, un corps, lorsqu’il demeure dans son lieu naturel, implique le repos ; mais sitôt qu’il en sort, il implique le mouvement. La viande, pour sa part, favorise la santé si le corps est exempt de fièvre et de toute affection empêchant l’assimilation (3) ; elle engendre au contraire la maladie quand l’organisme est fiévreux, et ainsi de suite. Les exemples de ce genre sont trop nombreux pour être recensés.
Objection : le point litigieux consiste à dire que l’acte, par son essence ou par un attribut qui lui est inséparable, requiert le beau ou le laid, alors même que les deux conditions sont contradictoires ; il est donc impossible que chacune d’elles constitue un attribut essentiel, puisqu’un attribut essentiel ne peut jamais se dissocier de la chose.
Réponse : affirmer qu’il requiert le beau ou le laid par son essence ou par son attribut inséparable signifie simplement que la beauté naît de son essence — ou de cet attribut (4) — sous une condition donnée, tandis que la laideur naît de son essence — ou de ce même attribut — sous une autre condition. Dès lors que la condition d’implication fait défaut, ou qu’apparaît un empêchement, l’effet lié à l’essence ou à l’attribut cesse, du fait même de l’absence de sa condition ou de la présence de son empêchement. Cela est parfaitement clair.