Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

en est l’origine, et cela n’implique aucune variation (1), comme l’attestent les exemples déjà évoqués.

Troisièmement : il se peut qu’une même essence engendre deux effets opposés sous l’empire de deux conditions contraires (2). Ainsi, elle peut entraîner le refroidissement en un lieu précis et sous une condition déterminée, puis provoquer le réchauffement en un autre lieu et sous une autre condition. De même, un corps, lorsqu’il demeure dans son lieu naturel, implique le repos ; mais sitôt qu’il en sort, il implique le mouvement. La viande, pour sa part, favorise la santé si le corps est exempt de fièvre et de toute affection empêchant l’assimilation (3) ; elle engendre au contraire la maladie quand l’organisme est fiévreux, et ainsi de suite. Les exemples de ce genre sont trop nombreux pour être recensés.

Objection : le point litigieux consiste à dire que l’acte, par son essence ou par un attribut qui lui est inséparable, requiert le beau ou le laid, alors même que les deux conditions sont contradictoires ; il est donc impossible que chacune d’elles constitue un attribut essentiel, puisqu’un attribut essentiel ne peut jamais se dissocier de la chose.

Réponse : affirmer qu’il requiert le beau ou le laid par son essence ou par son attribut inséparable signifie simplement que la beauté naît de son essence — ou de cet attribut (4) — sous une condition donnée, tandis que la laideur naît de son essence — ou de ce même attribut — sous une autre condition. Dès lors que la condition d’implication fait défaut, ou qu’apparaît un empêchement, l’effet lié à l’essence ou à l’attribut cesse, du fait même de l’absence de sa condition ou de la présence de son empêchement. Cela est parfaitement clair.

(1) Ainsi dans les manuscrits de base ; la formulation correcte est : «… n’exclut pas la variation selon les époques, les lieux et les circonstances», comme indiqué dans le premier point. (2) Dans le manuscrit T : «en fonction de l’exigence de deux conditions contradictoires». (3) Lecture illisible dans le manuscrit Q ; le manuscrit Ṭ porte «al-ghidha» (la nourriture), c.-à-d. ce qui empêche de se sustenter. (4) Les manuscrits T et Q lisent «sifa» (attribut) ; on a retenu ici la leçon du manuscrit Ṭ.
مَنْشؤه، وهذا لا يوجبُ اختلافه (١)، بدليل ما ذكرنا من الصُّور. الثَّالث: أنه يجوزُ اقتضاءُ الذَّات الواحدة لأمرين متنافيَيْن بحسب شرطين متنافيَيْن (٢)، فتقتضي التَّبريدَ مثلًا في محلٍّ معيَّن بشرطٍ معيَّن، والتَّسخينَ في محلٍّ آخر بشرطٍ آخر، والجسمُ في حيِّزه يقتضي السُّكون، فإذا خرج عن حيِّزه اقتضى الحركة، واللحمُ يقتضي الصحَّة بشرط سلامة البدن من الحمَّى والمرض الممتنع منه الاغتذاء (٣)، ويقتضي المرض بشرط كون الجسم محمومًا ونحوه. ونظائر ذلك أكثرُ من أن تحصى. فإن قيل: محلُّ النِّزاع أنَّ الفعلَ لذاته أو لوصفٍ لازمٍ له يقتضي الحُسْن والقُبح، والشرطان متنافيان يمتنعُ أن يكونَ كلُّ واحدٍ منهما وصفًا لازمًا؛ لأنَّ اللازمَ يمتنعُ انفكاكُ الشيء عنه. قيل: معنى كونه يقتضي الحُسْن والقُبْحَ لذاته أو لوصفه اللازم: أنَّ الحُسْن ينشأ من ذاته أو من وصفه (٤) بشرطٍ معيَّن، والقُبحَ ينشأ من ذاته أو من وصفه بشرطٍ آخر، فإذا عُدِم شرطُ الاقتضاء، أو وُجِد مانعٌ يمنعُ اقتضاءه، زال الأمرُ المترتِّبُ بحسب الذَّات أو الوصف لزوال شرطه أو لوجود مانعه، وهذا واضحٌ جدًّا.
(١) كذا في الأصول. وصواب الكلام: لا يوجب عدم اختلافه باختلاف الأزمان والأماكن والأحوال. كما مر في الوجه الأول. (٢) (ت): «بحسب اقتضاء شرطين متنافيين». (٣) غير واضحة في (ق). وفي (ط): «الغذاء». أي: الذي يمنع الاغتذاء. (٤) (ت، ق): «صفة». والمثبت من (ط).

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