Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

ni qu’Il anéantisse la terre et les cieux, les réduise à un néant absolu avant de leur rendre l’existence ; les textes ne font état que de leur remplacement et de leur passage d’un état à un autre.

Si l’on accordait aux textes leur juste droit, la majeure partie des controverses serait levée dans le monde. Or les textes sont demeurés voilés, on en a compris le contraire de ce qu’ils visaient, et l’on a, en outre, assujetti la Révélation aux opinions humaines, se conformant à leurs conclusions ; ainsi le malheur s’est accru, l’ignorance s’est amplifiée, l’épreuve s’est durcie et la situation s’est aggravée.

La cause de tout cela est l’ignorance de ce qu’a apporté le Messager et de l’intention de son message ; rien n’est plus profitable au serviteur que d’entendre ce qu’a transmis le Messager et d’en saisir le sens. Quant à celui qui ne l’entend ni ne le comprend, il appartient à ceux qu’Allah a décrits : « Et ils dirent : “Si nous avions écouté ou raisonné, nous ne serions pas parmi les hôtes de la Fournaise.” » [Al-Mulk : 10].

Revenons donc à l’argument évoqué (1) : « Si le beau ou le laid était essentiel, il ne varierait pas… », et ainsi de suite.

Nous avons déjà montré que sa variation selon les époques, les lieux, les circonstances et les conditions ne l’empêche pas d’être essentiel (2).

Deuxièmement, dire qu’il est essentiel ne signifie rien d’autre qu’il procède de l’acte même ; or l’acte

(1) (T) : « Revenons à la démonstration mentionnée. » (2) Il s’agit ici de la synthèse du premier argument, c’est-à-dire de tout ce qui précède depuis la p. 928 jusqu’à présent.
والسَّموات ويُعْدِمها عدمًا صِرْفًا ثمَّ يجدِّد وجودَهما، وإنما دلَّت النُّصوصُ على تبديلهما وتغييرهما من حالٍ إلى حال. فلو أُعطِيَت النُّصوص حقَّها لارتفع أكثر النِّزاع من العالم، ولكن خَفِيَت النُّصوص، وفُهِمَ منها خلافُ مرادها، وانضافَ إلى ذلك تسليطُ الآراء عليها، واتِّباعُ ما تقضي به؛ فتضاعفَ البلاء، وعظُم الجهل، واشتدَّت المحنة، وتفاقَم الخَطب. وسببُ ذلك كلِّه الجهلُ بما جاء به الرسول، وبالمراد منه؛ فليس للعبد أنفعُ من سَمْع ما جاء به الرسولُ وعَقْل معناه، وأمَّا من لم يسمعه ولم يَعقِله فهو من الذين قال الله فيهم: ﴿وَقَالُوا لَوْ كُنَّا نَسْمَعُ أَوْ نَعْقِلُ مَا كُنَّا فِي أَصْحَابِ السَّعِيرِ﴾ [الملك: ١٠]. فلنرجِع إلى الكلام على الدَّليل المذكور (١)؛ وهو: «أنَّ الحُسْن أو القُبح لو كان ذاتيًّا لما اختلف ... » إلى آخره. فنقول: قد بيَّنَّا أنَّ اختلافه بحسب الأزمنة والأمكنة والأحوال والشُّروط لا يخرجه عن كونه ذاتيًّا (٢). الثَّاني: أنه ليس المعنى مِنْ كونه ذاتيًّا إلا أنه ناشاءٌ من الفعل، فالفعلُ
(١) (ت): «فلنرجع إلى الدليل المذكور». (٢) وهذا حاصل الوجه الأول، وهو ما مضى من (ص: ٩٢٨) إلى هنا.

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