Les philosophes, ainsi que d’autres, n’ont jamais trouvé la moindre prise – fût-ce sur une seule lettre – pour contester la résurrection annoncée par les messagers ; leurs critiques visent uniquement la conception qu’une faction de théologiens spéculatifs leur attribue : Allah anéantirait toutes les parties de l’univers, célestes comme terrestres, les réduirait au néant absolu, puis ferait surgir l’existence à partir de ce néant (1).
Puisse-je donc savoir où, dans le Coran ou dans la Sunna, il est dit qu’Allah fait disparaître en bloc les atomes et les composantes du monde avant de transformer ce néant en être ?!
C’est précisément cette représentation de la résurrection que les philosophes ont rejetée, l’assaillant de toutes sortes d’objections et de contraintes dialectiques, de sorte que les théologiens ont dû recourir à des réponses forcées et alambiquées (2).
Quant à la résurrection annoncée par les messagers, elle est indemne de toutes ces spéculations, préservée de tels écarts ; la raison n’y trouve aucun motif d’objection et pas l’ombre d’un doute ne l’entache.
Allah – exalté soit-Il – a certes déclaré qu’Il redonnera vie aux ossements après qu’ils seront devenus poussière, qu’Il sait parfaitement ce que la terre retranche de la chair et des os des fils d’Adam et qu’Il le leur restituera lors de la seconde création ; qu’Il refera naître, sous une autre forme, ces mêmes corps après leur décomposition, et qu’Il leur rendra ces mêmes âmes. Jamais le Coran n’a affirmé qu’Il anéantisse ces âmes, les réduise à un pur néant avant de les recréer (3), ni qu’Il anéantisse la terre