Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

du même genre que la peine d’emprisonnement.

Ainsi, la sanction n’a pas été totalement levée ; elle a seulement été transférée d’une peine à une autre. La première peine était la plus appropriée à son époque, car les gens venaient tout juste de sortir de la période d’ignorance et de ses mœurs en matière sexuelle ; on leur ordonna donc d’abord de confiner la femme adultère. Puis, lorsque leurs âmes se furent accoutumées à cette punition, qu’ils abandonnèrent leurs coutumes d’avant l’islam et qu’ils se rangèrent à l’interdiction et à la sanction, ils furent déplacés vers une peine plus sévère que la première : la lapidation et la flagellation. Chaque châtiment, au moment où il fut prescrit, constituait donc l’intérêt même ; rien d’autre n’aurait pu les réformer.

Ce que nous venons d’exposer ne concerne que l’abrogation d’un jugement dont la légalité avait été formellement établie (1). Quant à ce qui se pratiquait en vertu de la présomption d’innocence originelle, son interdiction ultérieure n’implique pas qu’il subsiste quoi que ce soit de cette pratique, car elle ne leur était d’aucun bénéfice ; son interdiction n’avait été différée qu’en raison d’une sagesse liée au report, sans que cela signifie qu’elle fût profitable lorsqu’ils la commettaient.

Il en va de même de l’interdiction de l’usure (2), des boissons enivrantes et d’autres actes prohibés qu’ils accomplissaient parce qu’aucune interdiction n’avait encore été révélée : ils n’ont jamais constitué un bien, c’est pourquoi Allah ne les a pas légiférés. Leur suppression par une révélation ne s’appelle donc pas abrogation ; sinon, toute la sharîʿa serait un ensemble d’abrogations (3). L’abrogation consiste à lever une prescription établie par la révélation, non à lever ce qui ne reposait que sur la simple présomption de licéité, et cela fait l’unanimité (4).

(1) Le manuscrit « Q » porte : « bi-shar‘ihi wa-amrihi » (par Sa législation et Son ordre). (2) Le manuscrit « T » lit : « al-zina » (la fornication). (3) Voir : Ibn al-Qayyim, I‘lam al-muwaqqi‘in, t. 2, p. 311 et 320. (4) Voir : Al-Juwayni, Qawati‘ al-adilla, t. 3, p. 69 ; Ibn Qudama, Rawdat al-nadir, t. 1, p. 284.
جنس عقوبة الحبس. فلم تبطُل العقوبةُ عنها بالكلِّية، بل نُقِلت من عقوبةٍ إلى عقوبة، وكانت العقوبةُ الأولى أصلحَ في وقتها؛ لأنهم كانوا حَدِيثي عهدٍ بجاهلية وزنًا، فأُمِروا بحبس الزَّانية أوَّلًا، ثمَّ لما استوطنت أنفسُهم على عقوبتها، وخرجوا عن عوائدهم الجاهلية، ورَكنوا إلى التَّحريم والعقوبة= نُقِلوا إلى أغلظُ من العقوبة الأولى، وهو الرجمُ والجلد؛ فكانت كلُّ عقوبةٍ في وقتها هي المصلحة التي لا يُصْلِحُهم سواها. وهذا الذي ذكرناه إنما هو في نسخ الحكم الذي ثبتَ شرعُه وأمرُه (١)، وأمَّا ما كان مُسْتَصْحَبًا بالبراءة الأصلية فهذا لا يلزمُ مِنْ رفعه بقاءُ شيءٍ منه؛ لأنه لم يكن مصلحةً لهم، وإنما أُخِّر عنهم تحريمُه إلى وقتٍ لضربٍ من المصلحة في تأخير التَّحريم، ولم يلزم من ذلك أن يكون مصلحةً حين فِعْلِهم إياه. وهذا كتحريم الرِّبا (٢) والمُسْكِر وغير ذلك من المحرَّمات التي كانوا يفعلونها استصحابًا لعدم التَّحريم؛ فإنها لم تكن مصلحةً في وقت، ولهذا لم يشرعها الله تعالى، ولهذا كان رفعُها بالخطاب لا يسمَّى نسخًا، إذ لو كان ذلك نسخًا لكانت الشريعةُ كلُّها نسخًا (٣)، وإنما النَّسخُ رفعُ الحكم الثَّابت بالخطاب، لا رفعُ مُوجَب الاستصحاب، وهذا متَّفقٌ عليه (٤).
(١) (ق): «بشرعه وأمره». (٢) (ت): «الزنا». (٣) انظر: «إعلام الموقعين» (٢/ ٣١١، ٣٢٠). (٤) انظر: «قواطع الأدلة» (٣/ ٦٩)، و «روضة الناظر» (١/ ٢٨٤).

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