Or, si tu examines les prescriptions abrogeantes et celles qu’elles ont remplacées, tu les trouveras toutes dans cette même situation : pour certaines, l’utilité qu’elles procurent est manifeste et évidente ; pour d’autres, elle reste voilée et n’apparaît qu’à qui possède finesse d’esprit et pénétration.
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Voici un secret admirable parmi les secrets de la création et de l’ordre divin ; il te révèle la véritable nature de la question. Allah n’a jamais créé une chose ni prescrit une chose pour ensuite l’annuler et la faire disparaître totalement ; Il la maintient nécessairement sous une forme ou sous une autre, car Il ne l’a créée que pour la sagesse qu’Il visait en la créant, et Son ordre ou Sa législation la concernant procède du bien qu’elle recèle.
Cette utilité et cette sagesse appellent donc son maintien. Toutefois, lorsqu’un autre intérêt, plus grand, entre en concurrence avec le premier, l’objet de ce nouvel intérêt devient prioritaire pour la création et la prescription, et Il laisse subsister dans le premier (1) ce qu’Il veut, sous l’angle où demeure l’avantage recherché. Il s’agit là du domaine de la concurrence des intérêts ; la règle, tant en droit qu’au plan de l’existence, est de les réaliser et de les conjuguer dans la mesure du possible ; si cela s’avère impossible, l’intérêt majeur prime, fût-ce au détriment du mineur.
Si tu observes attentivement la charîʿa et l’ordre de la création, tu verras cette règle apparaître clairement ; c’est un secret que peu de gens (2) ont su discerner.
Considère donc les dispositions abrogées, une à une : tu constateras que ce qui a été abrogé n’a jamais été totalement annulé, mais qu’il subsiste toujours d’une certaine manière :