– son pas chancelle ; il se met à contester, se détourne et revient sur ses propres traces (1), en vient à douter même de la prophétie ; son cœur se laisse infiltrer par l’objection des mécréants qui disaient : « Si la première qibla était la vérité, vous vous en êtes écartés ; et si elle était vaine, vous étiez donc dans l’erreur. » Son entendement, déjà retourné, ne parvient pas à concevoir la troisième option, la juste : elle avait été vérité et intérêt au premier moment, puis était devenue, au second, source de corruption et illicite à suivre.
C’est pourquoi le Très-Haut a signalé la gravité de ce transfert et de cette abrogation de la qibla en disant : « Et certes, cela fut lourd, sauf pour ceux qu’Allah a guidés » (Al-Baqarah : 143).
Il a ensuite annoncé qu’Il ne laisserait pas se perdre les prières qu’ils avaient accomplies en direction de la première qibla ; Sa compassion et Sa miséricorde envers eux refusent que soit annulée une œuvre qui, pour eux, avait été obéissance.
Après avoir établi tout cela et montré la beauté de cette nouvelle orientation par la grandeur de la Maison sacrée, l’éminence de son rang et la majesté qui l’enveloppe, Il dit : « Certes, Nous voyons ton visage se tourner vers le ciel ; Nous te ferons donc sûrement orienter vers une direction qui te plaît. Tourne alors ton visage vers la Mosquée sacrée. Et où que vous soyez, tournez vos visages de ce côté » (Al-Baqarah : 144). Il réitéra cet ordre à maintes reprises, afin de souligner son importance et d’en magnifier la portée : c’est une question qui mérite toute l’attention et les plus grands égards.
Médite donc cette sollicitude, cette confirmation, l’exposé des intérêts que recèle cette branche de la Loi et la mise en garde contre les maux qu’engendrerait son non-respect. Comprends que chaque direction, en son temps, constituait l’intérêt véritable, et que le Seigneur – exaltée soit Sa sagesse – a agi avec une sagesse parfaite en prescrivant d’abord la première qibla, puis en détournant Ses serviteurs vers la Mosquée sacrée.