Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

de la maladie : ce défaut d’effet ne retire pas au médicament son caractère intrinsèquement bénéfique. De même, le fait qu’un habit n’apporte aucun avantage, par exemple durant les fortes chaleurs, ne prouve nullement qu’il ne soit pas, en lui-même, utile et bon.

Ainsi, la force propre des aliments, des remèdes et des vêtements, tout comme les bienfaits du rapport conjugal et du sommeil, peut voir ses effets différés selon l’époque, le lieu, la situation, ainsi que selon la réceptivité et la préparation de chacun. Ils se révèlent profitables et louables à un moment plutôt qu’à un autre, en un endroit plutôt qu’en un autre, dans une condition plutôt qu’une autre, et pour un groupe ou un individu plutôt que pour d’autres ; cela ne les empêche pas, pour autant, de posséder par nature la faculté de produire ces effets grâce à leurs forces et à leurs qualités.

Il en va exactement de même des ordres et des prescriptions du Seigneur — exalté soit-Il. Un commandement peut être source d’intérêt et profitable au destinataire à une époque donnée ; c’est alors qu’Il — exalté soit-Il — le prescrit, sachant qu’il constitue un bien. Puis Il l’interdit lorsque son accomplissement se transformerait en source de corruption, à l’image du médecin qui ordonne un médicament ou un régime à l’instant où ils sont salutaires pour le malade et les lui défend lorsque leur absorption deviendrait nuisible.

Or, le plus Sage des juges, dont la sagesse confond les esprits, est à plus forte raison digne de prendre en considération les intérêts et les préjudices de Ses serviteurs selon les temps, les circonstances, les lieux et les personnes. Les lois révélées n’ont-elles pas précisément été instaurées sur cette base ?

Ainsi, l’union avec sa sœur fut licite et bonne à son époque, lorsque (1) cela était indispensable à la procréation et à la préservation de l’espèce humaine ; puis elle devint blâmable lorsque cette nécessité cessa, et Allah l’interdit à Ses serviteurs. Il l’a donc autorisée lorsque c’était convenable, puis proscrite lorsqu’elle est devenue répréhensible.

(1) Les sources manuscrites portent « hatta » (jusqu’à) ; toutefois, le contexte et le style de l’auteur militent pour la leçon adoptée ici. Notre maître réformateur remarque qu’une confusion palaeographique survient souvent entre « hatta » et « hin » (lorsque), les copistes intervertissant les lettres ya et nun ; la lecture la plus probable est donc « hin ».
العلَّة لا يخرجه عن كونه نافعًا في ذاته، وكذلك تخلُّف الانتفاع باللباس في زمن الحرِّ ــ مثلًا ــ لا يدلُّ على أنه ليس في ذاته نافعًا ولا حسنًا. فهذه قُوى الأغذية والأدوية واللباس ومنافعُ الجماع والنَّوم تتخلَّفُ عنها آثارُها زمانًا ومكانًا وحالًا، وبحسَب القبول والاستعداد، فتكونُ نافعةً حسنةً في زمانٍ دون زمان، ومكانٍ دون مكان، وحالٍ دون حال، وفي حقِّ طائفةٍ أو شخصٍ دون غيرهم، ولم يخرجها ذلك عن كونها مقتضيةً لآثارها بقُواها وصفاتها. فهكذا أوامرُ الربِّ ﵎ وشرائعُه سواء؛ يكونُ الأمرُ مَنْشأ المصلحة ونافعًا للمأمور في وقتٍ دون وقت، فيأمرُ به ﵎ في الوقت الذي عَلِمَ أنه مصلحةٌ فيه، ثمَّ ينهى عنه في الوقت الذي يكون فعلُه فيه مفسدة، على نحو ما يأمرُ الطَّبيبُ بالدَّواء والحِمْية في وقتٍ هو مصلحةٌ للمريض، وينهاه عنه في الوقت الذي يكون تناولُه مفسدةً له. بل أحكمُ الحاكمين الذي بهرت حكمتُه العقولَ أولى بمراعاة مصالح عباده ومفاسدهم في الأوقات والأحوال والأماكن والأشخاص، وهل وُضِعَت الشرائعُ إلا على هذا؟! فكان نكاحُ الأخت حسنًا في وقته حيث (١) لم يكن بدٌّ منه في التَّناسل وحفظ النَّوع الإنسانيِّ، ثمَّ صار قبيحًا لما استُغْنِي عنه فحرَّمه على عباده، فأباحه في وقتٍ كان فيه حسنًا، وحرَّمه في وقتٍ صار فيه قبيحًا.
(١) في الأصول: «حتى». والأشبه للسياق ولأسلوب المصنف ما أثبت. وقال شيخنا الإصلاحي: كثيرًا ما يقع تحريفٌ بين «حتى» و «حين»، أي بين الياء والنون. فالأقرب: «حين».

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