de sa cause efficiente, et comme le requis dépend de celui qui le requiert ; or ce qui se présente ainsi ne saurait être un pur néant, car le non-être absolu n’ouvre droit ni à récompense ni à châtiment, ni à louange ni à blâme.
De plus, dire qu’un acte est légalement beau ou laid n’a d’autre sens que d’affirmer qu’il contient une qualité pour laquelle il est beau, aimé du Seigneur, agréé par Lui et digne d’éloge et de rétribution ; de même, l’acte blâmable renferme une qualité pour laquelle il est laid, détesté du Seigneur, voué au blâme et à la punition.
Ces qualités sont des réalités positives inhérentes à l’acte lui-même. L’amour que le Seigneur porte à cet acte et Son ordre de l’accomplir lui confèrent un caractère existentiel supplémentaire qui ajoute encore à sa beauté ; inversement, la haine qu’Il éprouve pour l’acte répréhensible et Son interdiction de le commettre lui confèrent un caractère existentiel qui accroît sa laideur. Réduire tout cela à un pur néant, à une simple négation sans fondement positif, est d’une absurdité et d’une impossibilité extrêmes.
Il apparaît donc que cette preuve est totalement invalide. Nous n’avons pas jugé utile de rapporter les objections qu’ils lui ont eux-mêmes adressées ; malgré leur longueur, elles ne sont ni satisfaisantes ni convaincantes. Qui voudra s’en contenter les trouvera consignées dans leurs ouvrages (1).
— Quant à la voie qu’ont suivie nombre d’entre eux — le Qâḍî, Abû al-Ma‘âlî, Abû ‘Amr Ibn al-Hâjib (2) et d’autres parmi les auteurs tardifs — elle consiste à dire que, si la beauté et la laideur étaient intrinsèques, elles ne varieraient pas selon les situations, les objets ou les époques, et qu’il serait alors impossible que