Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

de leurs effets, et les accidents qu’elles comportent sont, eux aussi, des réalités positives ; prétendre qu’il s’agit de pures négations relève de l’aveuglement.

Qui donc a jamais mis en doute que l’on puisse qualifier les notions par l’intensité ou la faiblesse ? Ne dit-on pas : une angoisse aiguë, un amour ardent, une tristesse profonde, une douleur vive, et, à l’inverse, leurs formes atténuées ?

Il est donc notoire pour tout esprit raisonnable que l’on qualifie les notions par d’autres notions.

Deuxième point : l’objection selon laquelle « il en résulterait qu’un sens devrait subsister dans un autre sens » n’est pas fondée. En réalité, une signification se voit qualifiée par une autre et subsiste avec elle du fait qu’elles résident toutes deux dans la substance qui leur sert de support ; les deux concepts reposent ainsi dans le même substrat, l’un dépendant de l’autre, et tous deux dépendant du support. Il ne s’ensuit donc pas qu’un accident subsiste dans un accident ; ce sont deux accidents qui subsistent dans la substance. De même, le mouvement et la vitesse résident dans l’être en mouvement ; le son, sa tonalité plaintive, son intensité ou sa légèreté, sa beauté ou sa laideur résident dans le sujet qui le porte. Ce qui est impossible, c’est qu’une notion subsiste dans une autre sans aucun support ; mais si les deux ont un support commun, que l’une soit l’attribut de l’autre et que toutes deux subsistent dans ce même substrat, il n’y a là aucune impossibilité. Cela est d’une évidence parfaite (1).

Troisième point : la bonté ou la laideur d’un acte du point de vue de la Loi est une réalité ajoutée à l’acte lui-même, car le concept qu’on en tire dépasse le concept de l’acte en tant que tel. Tous deux sont des entités positives, non des négations ; leur contraire, en revanche, est privatif et donc négatif. Dès lors, si l’un des deux contraires est négatif, l’autre est nécessairement positif.

Si donc votre preuve était recevable, il s’ensuivrait qu’aucun acte ne pourrait être qualifié de bon ou de blâmable selon la Loi. On n’échapperait à cette conclusion qu’en affirmant que la bonté et la laideur légales sont elles-mêmes de pures négations — ce qui est impensable, car récompense, châtiment, louange et blâme en dépendent comme l’effet dépend de

(1) Voir : « At-Tasʿiniyya », p. 909.
والأعراض فيه بمعانٍ وأعراضٍ وجودية، ومن ادعى أنها عَدَمِيةٌ فهو مكابر. وهل شكَّ أحدٌ في وصف المعاني بالشِّدَّة والضعف؟! فيقال: همٌّ شديد، وحُبٌّ شديد، وحزنٌ شديد، وألمٌ شديد، ومُقابِلُها. فوصفُ المعاني بصفاتها أمرٌ معلومٌ عند كلِّ العقلاء. الوجه الثَّاني: أنَّ قوله: «يلزمُ منه قيامُ المعنى بالمعنى» غيرُ صحيح، بل المعنى يوصفُ بالمعنى ويقومُ به، تبعًا لقيامه بالجوهر الذي هو المحلُّ، فيكونُ المعنيان جميعًا قائمَيْن بالمحلِّ، وأحدُهما تابعٌ للآخر، وكلاهما تبعٌ للمحلِّ، فما قام العَرَض بالعَرَض، وإنما قام العَرضان جميعًا بالجوهر، فالحركةُ والسُّرعةُ قائمتان بالمتحرِّك، والصَّوتُ وشَجَاهُ وغِلَظه ودقَّته وحسنُه وقبحُه قائمةٌ بالحامل له، والمحالُ إنما هو قيامُ المعنى بالمعنى من غير أن يكون لهما حامل، فأمَّا إذا كان لهما حاملٌ وأحدُهما صفةٌ للآخر وكلاهما قام بالمحلِّ الحامل فليس بمحال، وهذا في غاية الوضوح (١). الوجه الثَّالث: أنَّ حُسْنَ الفعل وقبحَه شرعًا أمرٌ زائدٌ عليه؛ لأنَّ المفهوم منه زائدٌ على المفهوم من نفس الفعل، وهما وجوديَّان لا عَدَمِيَّان؛ لأنَّ نقيضهما يحملُ على العَدَم، فهو عَدَمِيٌّ، فهما إذن وجوديَّان؛ لأنَّ كون أحد النقيضين عَدَمِيًّا يستلزمُ كونَ نقيضه وجوديًّا. فلو صحَّ دليلكم المذكورُ لزم أن لا يوصف بالحُسْن والقُبح شرعًا، ولا خلاص عن هذا إلا بإلزام كون الحُسْن والقُبح الشرعيَّين عدميَّين، ولا سبيل إليه؛ لأنَّ الثَّواب والعقاب والمدح والذَّمَّ مرتَّبٌ عليهما ترتُّبَ الأثر على
(١) انظر: «التسعينية» (٩٠٩).

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