car, les actes étant contraints et dépourvus de tout choix, il est inconcevable que l’obligation religieuse, l’ordre ou l’interdiction les visent ; si donc l’argument invoqué était fondé, toutes les prescriptions sacrées s’en trouveraient abolies.
Telle est la preuve qu’Ibn al-Khatîb a retenue, et au nom de laquelle il a réfuté celles de ses adversaires (1).
- Quant à l’argument qu’al-Âmidî (2) adopte, il se formule ainsi : si la bonté d’un acte constituait une réalité ajoutée à l’acte lui-même, il en découlerait que l’accident devrait reposer sur un autre accident, ce qui est impossible, puisqu’un accident ne subsiste pas dans un autre accident (3).
Cet argument est vicié tout comme le précédent ; en effet, il se trouve contredit par l’innombrable série de notions que l’on décrit à l’aide d’autres notions (4), comme on le fait lorsqu’on parle d’un savoir intuitif, d’un savoir acquis, d’une volonté résolue, d’un mouvement rapide, d’un mouvement lent, d’un mouvement circulaire, d’un mouvement rectiligne, d’une complexion équilibrée, d’une complexion déréglée, d’un noir lustré, d’un rouge écarlate, d’un vert éclatant, d’une couleur vive, d’un son plaintif, d’une perception (5) douce, aiguë, ténue ou grave, et d’innombrables autres exemples où des qualités se trouvent qualifiées par d’autres qualités.